Depuis hier, la bordure de l'ouragan Sandy donne des pluies bien intenses par ici.
Cela me fait penser aux orages marseillais, pour certains dantesques, qui ne sont pourtant que petites pissées par rapport à ce qui peut tomber dans le coin.Alors que nous étions à 800 bornes du centre de la chose et que ce n'était qu'un ouragan de classe 2 (sur 5), je n'ose imaginer ce qu'on doit ressentir quand on se trouve juste sur la trajectoire d'un vrai méchant, un ou deux jours enfermés au centre de la baraque, des planches sur les fenêtres, pas d'électricité, de téléphone, et juste l'option d'attendre...
Et encore, certains ne sont pas vraiment dans des maisons bien solides !
Bref, il pleut, j'ai du temps depuis deux jours, je suis un peu lassé de mes "cours" intensifs d'espagnol sur les quelques 99 chaines de la téloche et j'ai pris l'incroyable décision de m'épancher un peu par écrit au moyen d'un blog. Ça fait chébran, ce n'est pas trop mon truc, il y a des risques que je ne sois pas très régulier, sans doute par paresse, certains m'ont demandé plutôt des cartes postales, d'autres s'en foutent, quoi qu'il en soit ce jour sera celui de la naissance de cet objet internet, un de plus.
J'en vois déjà s'agiter sur leur banc près du radiateur : "Mais pourquoi chichi turbo ? Pourquoi pas chichi frégi ?".
C'est tout bête ! Ici les rues, qui respirent la vie contrairement à celles du Puy-en-Velay un dimanche soir de janvier, sont envahies de motos (gaffe en bagnole d'ailleurs !), pour la plupart chinoises (vous connaissiez la marque Lancin ?), de petites cylindrées (max 150). Elles sont bien souvent "tunées" : un bout de carton à l'arrière pour éviter les projections les jours de pluies, une petite lumière bleue sous chaque garde-boue car ça fait tellement plus style la nuit, retrait des rétroviseurs pour faire plus macho et "je m'en fous de ce qui se passe derrière", et bien sûr la selle ultra personnalisée par une sérigraphie d'une superbe fille plus ou moins dénudée (le top !). Vous l'aurez compris, un gars ici voue un amour certain à son deux-roues, d'autant plus qu'il s'agit souvent d'un outil de travail (tous sont plus ou moins "motoconcho") ou qu'il s'est méchamment endetté pour l'acquérir. Le surnom naturel de la petite moto est donc chichi, bébé en dominicain, et turbo parce que quand même, punaise, ils vont vite ces machins une fois débridés !
La bonne question est bien sûr désormais de savoir jusqu'où je pousserai le tuning de ma propre bécane une fois arrivé au Pérou...Hasta luego !
PS : je ne maitrise pas encore toutes les subtilités de mise en page du truc, mais ça viendra peu à peu.


