dimanche 30 décembre 2012

Presque trop de beaux paysages !!


Mardi 25

Gros gros orage, je suis pour ainsi dire bloqué dans ma chambre d'hôtel.

La journée avait pourtant bien commencé, et je suis parti tout guilleret vers le parc national du Cotopaxi, un superbe volcan couvert de neiges à quelques cinquante kilomètres d'ici.

Mais à l'arrivée au parc, cruelle déception, l'entrée est interdite aux motos, va comprendre ! Raisons de sécurité paraît-il, plus d'accidents à deux-roues. Mouais !

Je peux louer une voiture demain, ou y aller avec un guide, ou un taxi, je ne sais pas, ce sommet est tellement souvent caché par les nuages en cette saison...

Bref, changement de programme, je me dirige vers le Chaupi, autre volcan, moins impressionnant, mais lui aussi entouré d'une écoréserve. Et c'est sur la route que la pluie m'a surpris. J'ai fait demi-tour, mes fringues de moto commencent à vieillir, et je suis moins étanche qu'auparavant ! Et demain, les pistes risquent d'être en mauvais état.
Le Chaupi, juste avant l'orage

Et les jours précédents ?

Samedi, je n'ai rien fait, et c'est bon !
Ah si, le soir j'ai "exploré" une nouvelle microcerveceria, El templario. La rubia était un peu acidulée, la negra manquait un peu de corps, et les prix quasiment français. Bof !

Dimanche, j'en ai encore pris plein les mirettes au cours d'un viron vers la lagune de Quilotoa. C'est incroyable, tous ces paysages dans les Andes, partout il y a des trésors, et les Andes doivent s'étaler sur au moins dix mille kilomètres. C'est bien, j'ai encore de la réserve pour mes futures balades !



La lagune en question est en fait un lac volcanique, et j'ai passé la journée aux alentours des 4000. J'ai de la chance, je ne souffre pas pour le moment de l'altitude. Un léger essoufflement, les doigts qui s'engourdissent un peu à force de conduire la chichi, ça pourrait être pire si j'en crois certains.
J'ai vraiment beaucoup aimé cet endroit, géré par la communauté indigène du coin, tout est très paisible malgré les quelques touristes présents. Et ce que je trouve sympa, c'est qu'on y voit beaucoup d'équatoriens en balade.
Cultures en pentes très raides


Et j'ai encore dans la bouche le bon goût de quelques galettes de maïs dégustées sur le petit stand d'une indienne à Zumbahua....
Zumbahua
Lundi, changement d'ambiance, direction Baños, au pied du volcan en éruption Tungurahua, que j'avais entraperçu l'autre jour. Lui aussi était malheureusement perdu dans les nuages, mais je n'ai pu résister à l'envie d'explorer une petite piste zigzagant sur ses contreforts. Elle est terrible cette chichi, elle me fait sans cesse sortir des grands axes !


Quant à la ville elle-même, c'est un superbe piège à touristes. Tout ça pour des sources d'eau chaude et quelques cascades. Une myriade d'hôtels, des resorts, massages en tous genres, location de mini quads, location de quads, de super quads, de 4x4, de VTT, rafting, parcours "d'aventure", rappel dans les cascades, j'en passe et des pires, apparemment tout a déjà été inventé ici pour soutirer quelques dollars aux gringos de passage. Je ne me suis pas éternisé.
J'ai préféré rentrer à Latacunga, mon home sweet home du moment, pour m'offrir un petit repas de Noël dans un des bons restaus de la ville. Quinze dollars ! Ça me rappelle l'italien, tellement bon avec des viandes succulentes, qu'on s'était offert avec Nath en Repdom, en France on ne pourrait jamais se payer des trucs comme ça.

Du toit de l'hôtel, la place centrale de Latacunga
Un tout tout petit bout du volcan...



Bon, demain, pluie ou pas pluie ? Je ne me plains pas, étant donnée la saison, je n'ai vraiment pas encore été embêté...

Mercredi 26

Puisque le Cotopaxi ne veut pas se laisser voir sous son chapeau de nuages (je l'ai juste entraperçu deux minutes depuis le toit de l'hôtel), et comme il semble qu'il ne va pas pleuvoir, j'ai remis la chichi en route, toujours vers le nord, en direction de Cayambe.

En traversant Sancolqui sur le coup de midi, une pancarte m'interpelle : "Las cascadas del Pita". Aller d'accord, un bon petit coin probablement pour grignoter un morceau, en général, dès qu'il y a une petite attraction touristique, il y a au moins une indienne qui vend des bonnes choses à manger.

Une petite route mystérieuse
Au bout d'une quinzaine de kilomètres d'un très très mauvais pavage qui m'a bien secoué, je suis arrivé devant un petit parc "d'aventure extrême" ! Fatche, tout un programme ! Entrée deux dollars. Une fois dedans, le gars me propose de camper. Ma foi, devant un tel imprévu, et un lieu qui me paraissait si paisible, j'ai accepté.

Il faut dire qu'il y a presqu'un mois que je râle après ma tente, parce que j'ai oublié de la laisser à Lima, alors que je l'ai achetée en prévision de l'Argentine et du Chili, pays réputés chers, et où le camping est beaucoup plus dans les moeurs qu'au Pérou et en Équateur. Une bonne occasion donc de justifier son poids au fond de mon sac.

Ma guitoune installée, me voici parti à cheminer le long d'un petit sentier au fond d'un canyon bien encaissé, au milieu d'une luxuriante végétation tropicale. Des fleurs, des oiseaux de genres inconnus, des colibris (ahurissants comme bestioles tellement ils sont speeds), des arbres impressionnants, un torrent où j'ai fini par glisser, des petites cascades ...



Il m'est venu une drôle de pensée en marchant, alors que j'étais dans un passage très touffu, avec des pierres très glissantes. En fait, je suis plutôt un grand trouillard, très peu aventurier !
J'en vois quelques uns qui rigolent dans leur coin, vu le périple dans lequel je me suis lancé, mais c'est la plus stricte vérité. Il est des endroits dans la nature, quand je la connais peu, où je me sens mal à l'aise. Pendant mes longues balades à deux-roues en solo, aussi bien un peu partout en Europe que désormais ici en Amérique du sud, il m'arrive de penser que je suis un peu barje, parce que je me sens parfois envahi d'une sorte d'inquiétude diffuse, dans des coins totalement paumés ou au contraire dans des quartiers bien populeux où je suis le seul "étranger". Lorsque j'ai commencé le travail d'élagueur, j'avais le vertige, ça pouvait me prendre sur un escabeau pour changer une ampoule, et je n'ai jamais fait le malin à vingt cinq mètres dans les arbres.
Bref, comme beaucoup de gens j'imagine, j'ai des peurs plus ou moins cachées, le plus souvent infondées, comme bien des craintes. Peut-être me servent elles de signal d'alerte, non pas forcément d'un réel danger, mais plutôt d'une limite personnelle que je serais en train de dépasser. En tous les cas, j'essaye de me soigner, et ce voyage grand format avec la chichi est une thérapie assez radicale !

Au diable donc la psycho de bas étage, j'ai fini par atteindre cette cascade, qui, bien que modeste à l'échelle de ce continent, m'a fait bien plaisir, ne serait-ce que par son bruit fracassant. On est bien peu de choses devant la nature...


De retour à mon campement, grosse pluie, comme souvent on peut en rencontrer dans les régions tropicales. Quelle drôle d'idée j'ai eue de planter la tente ! Ça m'a quand même permis de vérifier son étanchéité.
C'est long, l'attente et la tente, sous l'orage !
Plus tard dans la soirée, j'ai pu un peu échanger avec le couple propriétaire des lieux. Alors que je pensais que c'étaient des petits paysans qui avaient trouvé une activité de complément, la conversation, qui a porté aussi bien sur la religion, l'écologie, les ondes telluriques bénéfiques quand on se baigne au pied de la cascade, l'éveil des consciences et ce genre de choses, m'a vite amené à penser que j'étais chez des "néos", des bolziens quoi ! Un potager, quelques vaches, une petite pisciculture, une aire de camping, un petit restaurant, où je me suis régalé d'une truite en tant que seul client du jour, quelques activités "extrêmes" comme un parcours dans les arbres, ces gens ont su s'organiser un joli coin de paradis. Une belle étape en tous cas pour moi.

Jeudi 27

Et me voici rendu aujourd'hui à Otovalo, une sympathique ville a priori, paraît il très touristique, mais ça va je n'ai pas encore vu de gringos !

La route m'a encore réservé quelques agréables surprises.
Bon, au début, c'était mal parti. Je me suis royalement perdu pendant presque deux heures dans la grande banlieue de Quito, dans des quartiers très chicos, ambiance barbelés, clôtures électrifiées et vigiles avec fusils à pompe devant des villas à quelques millions de dollars. Quelle tristesse d'être riche ! Les prétendus favorisés ne savent plus vivre normalement, et leur ghettos se ressemblent tous, que ce soit à Quito, Lima ou Beyrouth, et aussi bien en République Dominicaine qu'à Marseille, où la colline du Roucas, en front de mer, n'est constituée que de rues privées avec gardes aux entrées. Enfin, tant pis pour eux !
Tiens, ça me rappelle une anecdote que m'avait contée Nath lorsque j'étais en Repdom. Je ne citerai pas de nom, mais une vraiment pas fauchée avait décidé un matin d'aller faire un parcours de golf à l'autre bout du pays. Que font les nantis pour ce genre de déplacement ? Ben ils prennent un hélico, bien sûr ! Et à son retour, à la descente de l'engin, la femme de s'exclamer : "Finalement, ce n'est pas si pauvre que ça, la République Dominicaine !". C'est sûr, vu de là haut. Pauvres riches !

Après avoir réussi à m'extirper de ce funeste lieu pour mémères emperlousées, j'ai changé d'hémisphère. Et oui, j'ai franchi l'équateur ! Agréable pause, qui m'a fait prendre conscience que je suis quand même parti dans un sacré bourlingage. Il y a une certaine ambiguïté sur l'emplacement exact de la ligne, avec un petit monument sur l'ancien emplacement et un plus grand sur l'actuel, cinq cent mètres plus loin. Quant au GPS de mon  téléphone, il ne savait pas trop...

L'ancien centre du monde...

...et le nouveau


Ça me fait penser que j'ai oublié de vérifier dans quel sens tournait la flotte quand on tire la chasse ou vide un lavabo dans l'hémisphère sud. J'ai encore tant d'expériences à vivre !






Juste avant d'arriver au terme de mon étape, j'ai fait une nouvelle pause au bord d'un grand lac tranquille. Changement de peuple indien, autre forme de chapeaux, plus de noir dans les tenues, les femmes portent de magnifiques chemises brodées, les hommes arborent tous une queue de cheval ou une longue tresse. Je n'aurais pas dû me couper les cheveux avant de partir, j'aurais presque pu faire couleur locale.


Et l'hôtel que je me suis dégoté en centre-ville m'est encore fort sympathique. Un chouïa plus cher que la moyenne, mais à seize dollars la nuit, je ne vais pas hurler. Dommage, il est complet après demain, je serais bien resté un moment ici...

Ce qui me fait penser à la suite de mon itinéraire. Je ne suis à même pas deux cent kilomètres de la Colombie, et ça commence vraiment à me chatouiller d'y aller, ce serait sans doute un excellent lieu pour continuer ma thérapie !
Sans plaisanter, absolument tous les gens que j'ai rencontrés et qui ont traîné leurs guêtres dans ce pays en sont revenus enthousiastes, en raison des paysages et de la gentillesse des gens.
Mais j'ai toujours un petit souci, à savoir les papiers de la chichi. Le douanier péruvien ne m'a signé un bon d'exportation provisoire que pour un mois, et je ne sais toujours pas si c'est du lard ou du cochon. Oui, je sais Nath, un petit billet par ci par là, à l'aller en Colombie comme au retour au Pérou, devrait pouvoir arranger l'affaire. Mais je n'ai pas envie de faire de gaffe non plus, qui limiterait ma liberté d'aller où bon me semble ensuite ou compliquerait la revente de la chichi.
Affaire à suivre donc !

Vendredi 28

Et me voici parti pour un autre lac volcanique, la laguna de Cuicocha. Encore un endroit bien beau, où une ballade m'a amené de fleurs en fleurs tout autour du lac.



En redescendant, j'ai obliqué vers Ibarra, la capitale régionale. Une fois de plus, la richesse économique de l'Equateur me surprend, et cette ville a une allure presqu'occidentale.
Il y a trois jours, j'ai regardé une émission sur l'économie du pays. Ok, ok, je n'ai pas forcément tout compris, étant donné mon niveau en espagnol. Il semblerait quand même que Correa soit en train de réaliser une sorte de révolution tranquille, en s'appuyant sur l'argent du pétrole. Un équatorien m'a pourtant dit l'autre jour que sa politique ressemblait à celle des pays de l'est il y a cinquante ans, mais c'était probablement un mec de droite ! Quant à moi, je trouve qu'un peu d'interventionnisme étatique dans l'économie brutale qui domine ce monde de fou ne peut pas faire de mal...
Ceci dit, quelque chose m'échappe, Suite à cette émission, je suis allé farfouiller sur le net, et j'ai noté le classement IDH suivant : 78ème Pérou, 80ème Equateur. Indépendamment du fait qu'un paysan se nourrit rarement avec l'IDH, l'impression laissée par ces deux pays est toute autre, avec une pauvreté, voire une grande misère, très visible au Pérou, et fort peu ici. Il faudra que j'enquête plus avant...

En attendant, qu'est-ce qu'il est joli, mon hôtel !


Samedi 29

C'est vrai, il y en marre des beaux paysages, il y en a trop, partout, chaque montagne ou volcan incite à aller voir le suivant, la chichi me suggère sans cesse d'aller à droite, ou à gauche, je ne sais plus à la fin !
L'Imbabura, un des deux volcans dominant Otavalo
 Heureusement, ce matin, il y avait le marché. Otavalo est connu pour son immense marché du samedi, et c'est vrai que je m'y suis bien perdu tant la plupart des rues de la ville sont submergées par les vendeurs de toute la région.

Beaucoup d'entre eux vendent de l'artisanal, enfin de l'artisanal un peu industriel ! C'est quand même de la bonne camelote, c'est coloré, mais on doit pouvoir trouver à peu près les mêmes choses sur tous les marchés du pays. Heureusement, il y avait des coins moins artisanalo-touristiques, et j'ai même acheté une chemise sans blabla vantant l'Equateur...
Et j'ai pu y déguster de succulentes saucisses végétales, qui m'ont donné la pêche pour la suite des événements.

J'ai en effet encore trouvé une superbe petite route pavée, bonjour les vertèbres, qui m'a conduit de nouveau vers une lagune à 4000 m d'altitude, Mojanda de son petit nom, mais je crois bien que celle-là est la plus belle que j'ai vue jusqu'à maintenant. Sauvage serait peut-être le meilleur qualificatif.


J'ai suivi une piste vers le sommet voisin, le Cerro Negro il me semble, où même les 4x4 ne passaient plus, j'en ai vu trois en rade, vive la chichi, on a bien rigolé tous les deux !


Tant de beauté dans la nature, avec même à cette altitude toujours autant de plantes et de fleurs incroyables ! Est-ce que tout ceci aura une fin ? Oui, sans doute, quand je me réinstallerai dans les quartiers nord de Marseille...







En redescendant, il me restait un peu de temps avant la nuit, j'ai passé un moment dans un parc de reproduction de rapaces. Si ça vous intéresse, allez jeter un oeil sur le net pour dégotter la photo d'un aigle harpie, trop beau. L'envergure du condor équatorien n'est pas mal non plus. Les gens du parc faisaient voler les bestioles, à cette heure ci (environ 19 h), un superbe aigle de je ne sais plus quoi n'a toujours pas dû rentrer !

C'est celui là qui s'est barré !


Il y a mieux comme photo sur le net !

Sinon, j'ai changé d'hôtel, moins charmant que le précédent, mais bien tout de même. J'y reste jusqu'à lundi matin...


Dimanche 30

A propos d'hôtel, il  m'en arrive de bien bonnes parfois. Lorsque je sors le soir en ville, je n'aime pas trimballer mon fric, ma CB et mes papiers, et j'essaye de leur trouver une planque dans ma chambre. Hier soir, la tête du lit me semblait idéale, avec un petit rebord derrière.
Ce que je n'avais pas vu, c'est qu'elle était fixée au mur ! Une demie-heure à mon retour pour extirper les deux pochettes que j'avais jetées derrière, au moyen d'un démonte-pneu et quelques bouts de scotch. On soigne sa parano comme on peut...

Que vous dire sinon de ma journée ? J'ai encore fait une superbe boucle en moto, 150 km de pistes, des paysages parfaits, je suis un peu redescendu en altitude du côté de Selva Allegre, je trouve que le nom sonnait bien ! Passage dans les nuages, comme d'hab à l'aller comme au retour, changement de nouveau de végétation avec le retour des caféiers, des bananiers, des bambous et régalade sur les pistes...

Mais qu'est-ce que je fais là ?


Pour les photos, j'aimerais bien vous mettre autre chose que des paysages, ça doit devenir lassant pour vous, alors qu'il se passe aussi tant de choses dans les rues des petits villages et des villes, mais bon, je vous ai déjà dit pourquoi je ne me sens pas de faire ces photos.

Petite aventure sur le chemin du retour, alors que j'étais perdu dans les nuages, je rejoins deux locaux en perdition, leur roue arrière crevée. Pour soulager celle-ci, j'ai embarqué le passager sur une trentaine de kilomètres au ralenti jusqu'à ce que nous trouvions enfin quelqu'un qui puisse nous dépanner d'une pompe (ils avaient le reste pour réparer). C'est bien, j'ai pris un cours express de réparation de roue crevée, et de remise en état d'une vieille pompe aussi en guise de préambule, celà finira bien par m'arriver ce genre de mésaventure.


Demain, je bouge pour une toute petite étape, à Cayambe, à quarante kilomètres d'ici. Pourquoi là-bas ? En fait il court un vague bruit sur un forum américain de motards qu'il y aurait peut-être une petite fête pour le changement d'année, sur l'équateur. Et si j'y suis tout seul, ce n'est pas grave...

Et puisque demain je ne sais pas réellement ce qui va se passer, je profite de ce message pour vous souhaiter une belle année 2013, emplie de belles choses, de projets, de bonnes énergies, d'envies, de rêves.
Avec une pensée particulière pour Jo, pour que cette année soit celle d'une jolie conclusion pour lui.

Bises à tous et bonne fiesta à ceux qui pratiquent les bringues !

Prochain message l'année prochaine !



Afficher Otavalo sur une carte plus grande




dimanche 23 décembre 2012

Feliz Natividad !

Beaucoup d'entre vous savent déjà ce que je pense de Noël, une course à la carte bleue qui m'énerve un tant soit peu. Et en Equateur, c'est pareil qu'en France, tout le monde galope dans les magasins pour flamber...

Mais bon, je ne vais pas faire mon caractère de cochon, j'ai aussi aimé ces moments avec les enfants, quand ils étaient plus petits.

Aussi je vais respecter la tradition, et vous souhaiter à tous un beau Noël, plein de chaleur humaine et de bonnes boutanches !

Pour ma part, je m'étais concocté un petit séjour dans une communauté, qui essaye de survivre sur son territoire et de préserver ses traditions en accueillant quelques touristes, les Tsachilas ou hommes aux cheveux rouges. Mais je m'y suis pris, comme souvent en beaucoup de choses, trop tard. Peut-être je réessaierai dans la semaine...

Je vais donc rester peinard à Latacunga et sa région.


Et je ne peux résister à l'envie de partager avec vous le plus joli sapin de Noël que j'ai rencontré

Vive le recyclage des bouteilles en plastique !
Bises à tous, portez-vous bien et hasta pronto !




samedi 22 décembre 2012

De haut en bas et de bas en haut, des hauts et un bas...

Jeudi 20

Pour la première fois depuis que je suis parti de France, je ne me sens vraiment pas à l'aise.

Je suis à Santo Domingo, de Los Colorados pour être précis, une ville industrieuse et particulièrement moche à l'ouest de la capitale Quito, et où je me pose des questions de sécurité, parce que je ne sens pas l'endroit. Bon, ce n'est pas un ghetto non plus, c'est juste que je sais que je ne vais pas traîner tard seul dehors ce soir. Je me suis arrêté tout à l'heure pour envoyer un mail, j'ai demandé au gars de la boutique si l'endroit était tranquille, sa moue avant de me répondre un truc du genre "dans le centre ça va" m'a un peu refroidi, surtout que je venais de traverser le centre sans m'en apercevoir, pas trop vu la différence avec le reste ! Et les barreaux qui protègent la réception de l'hôtel ont fini de me démoraliser...

C'est dommage, jusqu'ici en Équateur, je me sentais plutôt bien, non pas forcément par ce que j'y ai vu, mais en raison de la gentillesse générale des gens, aussi bien en ville qu'à la campagne, toujours prêts à aider, discuter un brin, orienter, et souvent avec le sourire.

Ce n'est pas grave, tout ne peut pas être toujours tout beau tout rose le temps d'un voyage longue durée. Peut-être aussi un peu de fatigue, je ne sais pas, car même si je ne suis pas concentré sur ça tout le temps, il faut avoir régulièrement une petite pensée pour les papiers, le fric, la moto, chercher le bon coin pour le soir, les brusques changements d'altitude et autres petites vicissitudes de voyageur... C'est dit, demain je me trouve un coin peinard dans les montagnes, et trainaille un moment.

Mais c'est dommage aussi, car la prochaine fois que je vais descendre vers la côte, j'aurai une petite appréhension, probablement infondée en plus (et il va bien falloir que j'y aille sur la côte, Nath sait pourquoi).

Et d'abord, qu'est-ce que je fais ici, pourquoi n'ai je pas passé mon chemin puisque l'étape ne me plait pas du tout ?
Normalement, je dois retrouver ce soir mon péruvien de l'autre jour. Il tenait absolument à me présenter à son amie qui vit ici. J'ai accepté, d'abord parce que ça lui faisait plaisir, et en me disant aussi que c'était l'occasion de rencontrer des équatoriens. Bon, il n'a toujours pas répondu à mon mail de tout à l'heure. Mais j'arrête de tout voir en gris, peut-être je vais passer une superbe soirée...

Plus tard dans la soirée

Bon, pas de nouvelles de mon jeune ami, je reviens vers vous. Où vous avais-je laissés la dernière fois ? Ah, oui, Loja...

Lundi matin, je me suis mis en quête d'une assurance pour la chichi. En Équateur, aucune assurance n'est obligatoire, en cas d'accident grave (avec blessé), tout le monde en tôle, et celui qui a le meilleur avocat sort le premier ! Mais comme je suis un garçon sérieux, j'ai pris l'assurance minimale, au tiers comme on dit en France. Pas difficile d'être sérieux, 3 US$ pour un mois !

Et j'ai ensuite roulé tranquillement jusqu'à Cuenca, dont déjà plusieurs personnes m'ont dit le plus grand bien. Comme d'hab, une bien belle route avec de bien beaux points de vue !
Journée pépère, le nez dans le vent, la chichi ronronne, pas d'histoire particulière...


Cela prend des allures suisses parfois
A Cuenca, grosse surprise, je retrouve le motard canadien avec lequel j'avais fait un bout de route jusqu'à Cajamarca au Pérou. Je ne sais pas si la probabilité de telles retrouvailles peut se calculer, mais nous l'avons trouvée assez incroyable, d'autant plus qu'il n'a pas tout à fait pris le même itinéraire que moi ! Il a entre-temps récupéré sa copine ukrainienne, nous avons commencé la soirée tous les trois par une franche rigolade en garant les deux motos dans la salle de restau de l'hôtel, puis on s'est raconté nos histoires de motards en dinant. Et décidément, la chichi me rassure, il s'est pris cinq gamelles, pour des raisons de poids excessif, sur la piste de part et d'autre de la frontière, là où je me suis tant régalé avec elle pendant deux jours.


Petit message privé pour Yann s'il me lit, il y a apparemment un problème général de levures dans toutes les bières artisanales...


Pour le reste, Cuenca m'a franchement déçu, c'est une ville, quoique plutôt jolie comme toutes les cités coloniales, bien gringo. Je n'ai strictement rien contre les voyageurs étatsuniens, mais quand la serveuse commence à me répondre en anglais dans mon café du matin alors que je lui parle espagnol, ça m'énerve !

J'ai donc repris tôt la route, même si probablement j'ai manqué des choses à Cuenca. Direction Riobamba (oui, les paysages, tout ça...). Encore une ville, mais elle a l'avantage d'être à côté du Chimborazo, un petit volcan de 6300 m tout de même !

D'une façon générale, on trouve en Équateur plus de panneaux indicateurs qu'au Pérou, mais il ne faut pas croire qu'il y en a à chaque intersection. Bref, je me suis raté. J'ai bien vu que la route descendait un peu trop, mais comme je venais de passer une zone de travaux avec plus d'une demie-heure d'attente, j'ai continué avec l'idée de remonter par la vallée transversale suivante.

La plaine est là-dessous !
Ça fait drôle de passer de plus de 3000 m d'altitude à presque le niveau de la mer, de la fraîcheur des alpages, heu, des andages, à la moiteur tropicale du delta de Guayaquil en une soixantaine de kilomètres, puis de remonter vers un col à 3700 m, où je me suis vraiment caillé !
Il faut que je retraverse les nuages pour retrouver les montagnes
C'est pourtant expliqué partout, il doit y avoir une phase d'acclimatation progressive à l'altitude ! Bon, j'ai survécu, et je ne me lasse pas de dévorer ces paysages avec la chichi.

Riobamba n'est pas une bien belle ville, mais j'ai aimé le côté désuet de l'hôtel, genre de lieu qui a été mais n'est plus.

Mercredi matin, la carte me dit qu'un tour de la réserve de faune du Chimborazo n'est pas un grand détour vers Latacunga, la prochaine étape que j'envisage.
Au bout de trente bornes, gelé, je m'arrête pour enfiler la presque totalité de mes vêtements grand froid. Un coup d'oeil sur l'altimètre du téléphone, ah merde, je suis déjà à presque 4000, normal que la chichi ratatouille un peu et que le bonhomme se les pèle !
Arrêt emmmitouflage, le problème des poubelles est mondial
Malheureusement, le sommet du volcan est perdu dans les nuages, mais plusieurs groupes de vicunas (vigognes), aux alentours de 4400 m, me consolent d'être venu jusqu'ici. Pas faciles à approcher pour une photo, mais vous n'avez qu'à demander à gougueule pour plus de détails !



Ceux-là sont domestiques : lamas, alpagas ? Ils sont bien sympas en tous les cas, mais il va falloir que je me renseigne.

Et je commence ma descente. Un peu plus bas, une belle assiette de cochon cuit sur un feu de bois, chez des gens adorables, me remet d'aplomb.





Un oeil sur la carte, mince, je me suis encore planté ! Plutôt que de remonter vers la réserve, je repère une petite route, qui me met dans la bonne direction. Il est 13 heures, apparemment 80 kilomètres de piste, ça doit pouvoir se faire en trois heures et ça me laissera le temps de chercher un gîte une fois le goudron retrouvé.
Le problème avec ma carte grande échelle est qu'elle simplifie les routes, et un segment à peu près droit peut représenter un chemin totalement tortueux.

Jusque là, tout va bien...
A 16 h 30, j'avais déjà ajouté 120 kilomètres au compteur et même pas fait la moitié du trajet ! Tout avait pourtant bien commencé, avec une trentaine de kilomètres bitumés, mais derrière, c'était de la piste, de la vraie, de la dure, très caillouteuse, très raide en descente (tiens, ça descend encore ?), avec une multitude d'épingles enchaînées, où je me suis pris un grand pied.


A 4000 m, c'était superbe...


 Finalement, je me suis de nouveau retrouvé à l'étage tropical, au milieu des bananiers, mais un peu inquiet, avec un réservoir d'essence bientôt sur la réserve et l'idée qu'il allait peut-être falloir monter la guitoune. Bof, bof !



Et petit miracle, j'arrive dans un tout petit pueblo, mais avec une station essence et un petit hôtel. Ouf ! Il faut dire qu'à côté de l'équateur, il fait quasiment noir à 18 h 30, et tout le monde m'a vraiment déconseillé de rouler de nuit...

Petite déconvenue en défaisant les sacs, le porte-bagage est parti en confiture. Bonjour la qualité péruvienne, même si les pistes que j'emprunte sont violentes !
Des jeunes du coin me pilotent chez un mécano soudeur, rendez-vous est pris pour ce matin, il reconstituera la chose pour... quatre dollars.

El Corazon qu'il s'appelait ce village, un vrai bonheur et un bien joli nom pour une étape comme je les adore, les gamins qui jouent dans la rue et des gens qui viennent me brancher, dont certains me traitent de fou quand ils apprennent par où je suis passé, oui mais je suis en chichi turbo ! Il n'a pas dû trop passer de gringos dans ce trou perdu.

Et c'est ainsi qu'aujourd'hui j'ai rejoint Santos Domingo. La journée avait pourtant été intéressante. Pour changer, j'ai roulé dans la chaleur, le plus souvent en plaine, au milieu tout d'abord des caféiers (ça se dit comme ça ?), des trucs à cacao, des palmeraies (pour l'huile ?), des bananeraies et autres machins exotiques.

Je dédie cette photo de cacaoyer à Dani. Au fait, vous êtes rentrés ?
J'ai écrit précédemment que l'Équateur faisait plus riche que le Pérou, c'est toujours ce qu'il me semble. Mais les plaines font moins aisées que les montagnes, et j'ai peut-être une petite explication, toute personnelle, qui vaut ce qu'elle vaut. Dans la sierra, les terres sont très morcelées, chacun est propriétaire d'une certaine surface qui arrive à le faire vivre plus ou moins décemment. Plus bas, les propriétés sont immenses, héritage probable des grandes compagnies bananières, et le propriétaire de l'hacienda se gave sur le dos d'ouvriers agricoles mal payés, apparemment des indiens déracinés de leur région d'origine... Bon, il faudrait que je confirme ma théorie avec des locaux.
Et puis, en Equateur comme au Pérou, les indiens profitent manifestement moins vite du développement de l'économie, la richesse semble proportionnelle à la couleur de peau, mais une fois de plus, c'est une histoire connue.

Une petite ferme, à El Corazon
Vendredi 21

Dès potron minet, je me suis donc tiré de cette ville pourrie, je n'ai pris un café que trente kilomètres plus loin !

Comme je suis têtu, j'ai mis le cap vers Latacunga. Pourquoi là plus qu'ailleurs ? Bah, sur la carte, cela paraît à taille humaine, c'est dans la sierra, et il y a peut-être une chance que j'y trouve une concession Honda, la chichi doit déjà recevoir la révision des 4000. Un peu pénible ce truc, on sent quand même que ce n'est pas tout à fait du haut de gamme ce genre de moto, il est prévu une visite tous les 2000, ça change de ma Pan en France qui n'en avait besoin d'une que tous les 15 000. Mais bon, je me plie au rythme prévu, non pas pour la garantie, mais pour faire plus sérieux à la revente.

Latacunga me fait une bonne première impression, mais point de concessionnaire. Un flic me certifie qu'il y en a un à Ambota, cent bornes aller retour, roule !
C'est bien, cela m'a permis d'apercevoir au loin le volcan Tungurahua, en éruption depuis quatre jours.


Les gens de chez Honda ont été parfaits, la chichi est ressortie toute guillerette.

J'ai aussi discuté avec eux, plus d'autres personnes, ceux qui viennent vers moi, ou au restau, aux stations services, et tous m'ont confirmés qu'il y avait un problème à Santo Domingo, et vers le nord, et sur la côte en général. Ça fait plaisir de savoir que je n'ai pas psychoté ! Ils mettent ça sur le compte des colombiens. Mouais ! D'accord, c'est connu, il y a un gros trafic de came ici, le pays servant, avec d'autres, de plateforme d'exportation de la Colombie vers les EU. D'accord il y a un problème avec les armes, à en juger par les affiches que je vois ici ou là.



Mais normalement, les gros trafiquants sont plus ou moins invisibles pour la population et les touristes, ils se flinguent entre eux ou se bastonnent avec l'armée et les flics. La délinquance banale est le fait de gens d'un peu partout, pas que des colombiens. Ça me fait trop penser en France au racisme anti arabes ou roumains...
Et que sont des problèmes d'insécurité d'abord ? Marseille a une sale réputation, et pourtant on y vit, et plutôt pas mal d'ailleurs.

Bon, je ferme ma gueule, je ne connais rien à ce pays, je raisonne avec des idées préconçues.

Et je suis revenu à Latacunga. Au premier feu, un équatorien en béhème. On papote en roulant au ralenti, il finit par me piloter vers un hôtel sur la place centrale. Le lieu me paraît tellement sympa que je réserve directement trois nuits, j'ai trouvé l'endroit où me poser et me reposer. Il y a apparement quelques jolies balades à faire dans la région. J'ai pu flâner tranquille une fois la nuit tombée, la ville est jolie, je sens une ambiance paisible, les gens sortent tard en famille, tous ont la tête à la préparation de Noël. J'ai même repéré un endroit qui sert du vrai café, ben oui, depuis que je suis en Équateur, on ne me sert qu'un machin instantané, un comble pour un pays producteur.
Il y a même une microcerveceria, alors...
Ah ce que c'est bon les voyages !

Samedi 22

Voilà pour ma semaine ! Jo me demandait si écrire sur un blog n'était pas perturbateur pour l'ambiance de mon voyage. En fait, j'écris des petits bouts d'histoires sur mon téléphone le soir en me couchant, et en une heure ou deux, sur un ordi quelconque dans un cybercafé (aujourd'hui, j'ai de la chance, je suis sur le PC de l'hôtel), je finalise le message en intégrant les photos. Ce n'est pas trop contraignant, et celà me fait plaisir !

Aller zou, je vais faire un petit tour au marché de Latacunga, en ayant une petite pensée pour ma frangine, dont c'est l'anniversaire aujourd'hui. Elle est un peu timide, elle ne s'exprime pas ici, tant pis, bon anniv' grande soeur !!!


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