Il en va à Buenos Aires comme dans les autres villes, le naturel reprend ses droits, et je constate que par bien des côtés je suis plus citadin que campagnard.
Certes je suis resté bloqué par la fièvre et les miasmes durant quatre jours à mon arrivée, mais quelques activités classiques sont bien vite revenues, sans non plus que ce soit la grande agitation, je suis vraiment père tranquille depuis que je suis ici. Ça fait drôle d'ailleurs, de passer du rythme d'un voyage au séjour de quasi en mois dans un appart en ville. Quelques restaus, petit concert, visionnages de vidéos, écoutage de musique, bières sur le balcon à la tombée de la nuit, font que la vie à Buenos Aires n'est pas vraiment différente de celle de Marseille.
En même temps, les villes, en général, les grandes, les très grandes, finissent par m'énerver. Les gens, en permanence. Le bruit, omniprésent, et ici c'est particulièrement agressif avec les sirènes de flics, d'ambulances, de pompiers, d'alarmes, beaucoup trop puissantes, les pots d'échappement bricolés, les vieux bus et camions. Les odeurs, parfois insupportables. La vue, bien peu reposante. Le fric, partout, par son absence ou sa présence. La course, la consommation, la pauvreté plus criarde, l'uniformisation des styles de vie.
Pas facile de faire avec ses contradictions...
Le quartier où vit Maria est pourtant relativement peinard.
Mais il y a des quartiers comme dans toutes les villes du monde, sans âme,
D'autres où ça va mieux, il y a au moins quelques voiliers ...
J'ai passé un peu de temps sur une révision générale de la chichi. Bon, ce n'est pas moi qui me suis mis les mains dans le cambouis, mais Umberto. En parallèle à ses études, il a monté un atelier de mécanique moto, ça tombe bien, je ne suis pas doué en mécanique. Et comme c'est un passionné, il a totalement démonté la chichi ! Avant de repartir pour le Pérou, il me restera à changer les pneus et de nouveau le kit chaine, et la chichi sera revenue à son état de neuf...
C'est bien, ça m'a permis de voir un peu un quartier populaire de Buenos Aires, Mataderos que ça s'appelle. Barrio de la viande, abattoirs, équarisseurs, usines de graisse pour le savon, l'ambiance est un peu spéciale. Et les petits restaus sont excellents, quand on aime la bidoche bien sûr. Au même menu, on peut avoir dans l'assiette des tripes grillées, de la viande de porc, une saucisse, du boudin noir, un gros bifteck et des côtelettes. Un peu de patates sautées, un vin argentin et va pour une sieste !
| Il y a bien longtemps que je n'avais pas fait une balade en R12 ! |
L'horreur !
Une dizaine, une vingtaine, je ne sais pas, de très très vieux bus brinquebalants en convoi à travers la ville, escorté par une floppée de flics, toutes sirènes hurlantes, à s'en péter les tympans. De la flicaille en moto, avec fusils en tous genres, de la flicaille en voiture, en fourgons, à cheval et même en hélicoptère... Des contrôles policiers à n'en plus finir à l'entrée du stade, fouille au corps, alcootest, prise d'empreintes digitales, caméras. Et dire qu'il ne s'agit que d'un petit match. Mais qu'est-ce que je fais là ?
Il y a bien longtemps que je sais que le foot est une affaire rongée par le fric, la pub, le vedettariat à outrance, qui quelque part arrange bien tout le monde, dont les politiques. J'ai cependant une certaine complaisance pour ce sport, culture populaire et ambiance marseillaise y étant pour quelque chose. Mais là, ça a dépassé les bornes, l'état policier dans toute sa splendeur, tout ce bazar uniquement pour une partie de foot, ça fait peur, triste, très triste aperçu de nos sociétés, l'impression d'être du bétail avec des images très laides dans un coin de ma tête. Et dire qu'il y a des gosses de sept ou huit ans qui entrent au stade au milieu de ce délire, que retiennent ils de tout ça ?
C'était la première fois, ce sera la dernière. Si ça se trouve, en France, les déplacements de supporters sont tout aussi moches, simplement je ne l'avais pas encore vécu. Certains vont dire que je n'ai pas eu la comprenette rapide, il y a longtemps que le monde du foot est un fruit pourri, mais je vais donc désormais me concentrer sur la pétanque, c'est plus calme.
On en a bavé aussi un peu avec le pape, qui vient de Buenos Aires, imaginez le bazar. Mais en ne regardant pas la télé, c'est supportable. Ceci dit, mardi dernier était férié pour une partie de la ville, grands écrans dans les rues et tout le tralala. Ecoles publiques fermées, on nage en plein délire. Au secours !
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| Le sport national, le barbeuq, ici sur le toit |
Au coin de la rue où habite Maria, il y a un loueur de films et c'est en matant une vidéo que je me suis rendu compte que l'air de rien, je comprenais un tout petit petit peu plus le castillano. C'est important pour moi pour pouvoir enfin mieux communiquer avec "les filles" (private joke !).
Une difficulté est la différence entre les nombreux accents. Certes, toute l'Amérique latine parle espagnol, mais les variantes sont perturbantes pour un néophyte. En Repdom, les dominicains parlent à la vitesse d'une kalatch, au Chili c'est un peu pareil, sauf qu'en plus ils ont un drôle d'accent chantant qui peut partir dans les aigus. C'est encore en Equateur que c'était le plus facile pour moi.
L'argentin pose d'autres problèmes. Prononciation très différente déjà. Variantes aussi de vocabulaire, par exemple le "ti" et le "tu", pronom personnel de la deuxième personne du singulier, devient "vos", que j'entends proche de "boss". C'est sympa, j'ai l'impression d'être le patron tous les jours.
Et pour compliquer le tout, à Buenos Aires, on parle porteño, un peu comme à Marseille on parle marseillais ! On ne s'en rend pas vraiment compte en vivant à Marseille (tiens, je me ferais bien un petit fly, moi !), mais lorsque l'on s'éloigne un peu de la ville, on s'aperçoit qu'on utilise tout un tas d'expressions et de mots que le commun des autres français ne comprend pas, ne bramer pas pour autant parce que je pars en biberine. Et à Buenos Aires, c'est un peu pareil. Bon, de tout ce pastis et en pratiquant de longue, il finira bien par sortir quelque chose !
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| Balade à Tigre |
La bise à tous, une pensée particulière pour Kero qui semble prendre le bon chemin, et une autre pour une belle amie qui à son tour connait des emmerdes de santé. Zut !
Malgré tout, pensez à ça...









