jeudi 7 mars 2013

Des méchants et de bons airs...

Vendredi 1/03

J'abandonne provisoirement l'idée de l'Uruguay, mais rejoindre Buenos Aires désormais n'est pas pour autant un cadeau en chichi, 7 à 800 bornes de routes bien peu attrayantes sur la carte, c'est géomètrique et semble bien plat. Jetez donc un oeil sur la carte en dessous...

C'est écrit pampa, mais dans ma tête, la pampa représente de grandes étendues herbeuses pleines de vaches et de gauchos. Apparemment ils sont plus au sud, ces grands espaces. Au menu du jour, rien de tout ça, ça va être la Beauce toute la journée, l'agroindustrie dans toute sa puissance.


Des champs "un peu grands", l'unité de base n'est pas l'hectare mais la centaine d'hectares. Les parcelles de 100 ou 200 hectares sont courantes, mais j'en ai mesuré certaines, au compteur de la chichi (il a bien fallu occuper la journée !) de 400, 600 et même je pense 1500 hectares (oui, oui, 4 km sur 4).
" - Chérie ! Aujourd'hui je laboure la parcelle du fond.
  - Oui, ben oublie pas que t'as invité ta mère le mois prochain !"
Et ce n'est pas pour cultiver du scorsonaire bio pour une quelconque AMAP locale. Maïs, soja et sorgo uniquement, transgéniques évidement. Il parait que la viande argentine est la meilleure du monde, j'ai comme un doute sur une bonne partie de la production en voyant ce que vont bouffer les vaches.

Tous les méchants sont bien sûr sur le secteur, cela leur permet de donner de doux noms aux plantes...



Et il faudrait plus d'un José Bové, plus d'une organisation de faucheurs volontaires pour calmer le jeu, le coin que je traverse et consacré à ce type d'industrie doit faire à peine moins que la surface de la France.

Au bout de 450 km de ce régime, j'en ai eu marre. En plus il fait chaud, très chaud même, avec du vent.

 
Les clebs ont trouvé la solution.
Tiens un bled, avec son église moderne...
 Etape à Colon donc, où il n'y a vraiment pas grand-chose, même pas un restau ouvert, c'est sandwich à la station-service, quelle vie !

Demain la grande grande ville, aglagla !

PS : Ah oui, vu en traversant un bled, "Les iles malouines sont argentines".
Ce n'est pas la première fois que je vois ça d'ailleurs. Une autre fois, c'était une phrase du genre "Nous pouvons vaincre avec la mémoire". Bon courage ! Foutu nationalisme. C'était d'abord une action de la dictature pour détourner l'attention de la situation intérieure, tactique classique. Et c'était une lutte pour des ressources naturelles, dont le pétrole, encore et toujours. Plus de trente ans après, ça fait encore l'actualité apparement.


Samedi 2

J'ai été réveillé au milieu de la nuit par un orage d'une rare violence, je n'avais jamais vu ça encore. Il faudra que je pense, si je vois en chichi des nuages noirs au retour, à m'arrêter ... AVANT. Je n'aimerais pas me trouver là-dessous en moto. Et il y avait de la casse ce matin sur la route, arbres abattus, lignes électriques en vrac...


Et il a bien fallu entrer dans Buenos Aires.
Pour me donner un peu de courage, je me suis offert un déjeuner à l'argentine, malgré tout ce que je viens de dire sur la viande.


C'est vrai que c'est de la bonne bidoche, et enfin il y a moyen de la commander un peu bleue, même si ce n'est pas vraiment dans les habitudes de tous, au moins les gens comprennent la demande. Au Pérou, c'est une envie totalement incongrue, un péruvien ne peut pas comprendre et la réponse est quasi automatique : "Impossible !". D'ailleurs tout ce qui sort un peu de l'ordinaire d'un travail plus ou moins normalisé est impossible. C'est comme pour Maria, qui le matin en bonne argentine ne boit que du mate. Elle trimballe son mélange et le problème au réveil est donc de remplir un thermos avec de l'eau chaude. La plupart des restaus ou bars péruviens refusent ou ne comprennent pas qu'on puisse vouloir seulement de l'eau chaude. Dans le meilleur des cas on nous en apporte une petite tasse... Ah, l'éducation !

Ce n'est pas tout ça, mais j'étais sur la route de Buenos Aires. Je ne fais jamais le malin quand je rentre dans une ville, et encore moins dans une très très grande ville. L'agglomération n'est pas loin des 15 millions d'habitants. Trouver son chemin parmi les nombreuses autoroutes urbaines, en ne connaissant pas un seul nom de quartier, est vraiment une aventure, et la chichi n'est pas bien grosse au milieu du traffic, où les bus sont littéralement fous et les porteños se croient vraiment dans un jeu vidéo. Mais bon j'ai fini par y arriver, au point de rendez-vous, c'était simple finalement, "tu pars de la Plaza de Mayo et c'est juste 63 blocs plus loin...", dix kilomètres quoi !

Jeudi 7

En première impression, Buenos Aires est un drôle de mélange architectural. On peut y trouver de longues et larges avenues à l'américaine, bordées de hautes tours. Des rues sont plutôt dans un style vaguement haussmanien, et de nombreux quartiers, y compris proches du centre, sont constituées de maisons et petits immeubles. Beaucoup d'arbres au bord des rues et avenues, et dans l'ensemble, pour le moment, je trouve la ville plutôt aérée, d'où son nom en fait !

Vue de l'appart de Maria
Mais tout n'est pas rose pour autant, j'ai vu des bidonvilles bien durs en entrant dans la ville, éternel problème des grandes cités porteuses d'espoir pour les populations pauvres. Et nous avons nos récupérateurs dans les poubelles, ici il y a les cartoneros...


Pour ce coup-ci, vous n'aurez pas beaucoup de photos de la ville, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois. En fait on a pas encore trop bougé non plus, à part un petit tour dimanche dans le squatt collectif où Maria donnent des cours pour adultes et un concert lundi soir, des percussions qui percutent bien !
http://youtu.be/48iuUMCc1fw 
(je ne sais pas pourquoi cela ne s'affiche pas comme un lien, vous n'avez qu'à copier dans la barre d'adresse)

Sinon, la grande affaire est bien sûr ici la mort de Chavez, et la différence de traitement des informations est assez incroyable quand je lis les informations sur les sites européens et les sites locaux. Merde, c'est quand même Chavez !

Depuis, pour changer, j'ai réussi à me choper la grippe, cloué par une grosse fièvre. Dans la ville des bons airs, ça la fout mal ! Je trouve que je suis souvent malade cette année, la fatigue du voyage, les changements incessants de nourriture, de climats, et tout simplement, je n'ai plus l'âge que j'avais !
Aujourd'hui, ça va mieux, demain je pars à la chasse aux images...

De son côté, il semblerait que Kero aille un peu mieux, je suis content, même si la pente qu'il doit remonter est encore longue.

Surtout portez vous tous bien. Bises



Afficher BA sur une carte plus grande





2 commentaires:

  1. Eh bonjour
    Ca fait une paille que je n'étais pas allée me plonger ds tes aventures sud americaines....
    perdu le blog ,happée moi- même par un tourbillon d'évènements sympas.Cuba c'était vraiment bien ,on te racontera .
    C'est un vrai régal de te suivre ds tes perigrinations, tes émerveillements ,tes peurs ,tes goûts et dégoûts; c'est super un blog pour les potes qd on part loin et longtemps....
    A props de Maria et de ses vacances en France on va voir ce qu'on peut faire .
    Hasta luego ,des bisessss Dany

    RépondreSupprimer
  2. Hola Dany,
    Bon, on se racontera tout ça cet été ? La bise

    RépondreSupprimer

Et en plus vous pouvez me répondre !