A propos de terrasse, j'ai trouver particulièrement étonnante la cerveza que nous avons bu dans le centre il y a quelques jours !
De la Stella en saut à champagne : elle est considérée comme une bonne bière, mais de là à en faire un quasi objet de luxe, ça m'épate !
Bref, fermons la parenthèse, et ce dimanche nous avons longé l'estuaire vers San Isidro et El Tigre.
Quelle drôle d'idée, nous avons littéralement crevé de chaleur : du soleil bien lourd, avec un taux d'humidité élevé !
Pas grave, nous sommes rapprochés du rio, histoire de se rafraichir près de l'eau.
Mais quand nous avons vu la tronche de la plage, nous avons passé notre chemin !
Les pauvres n'ont pas de bol, ils se baignent dans des endroits pourris, là où ce n'est pas trop loin de la casa, malgré les très nombreuses pancartes interdisant la baignade sans doute en raison de la contamination de la flotte. Comme a dû le dire Desproges, ça fait des pauvres en moins !
Et ça tombe bien d'ailleurs, car nous avons continué dans des quartiers très riches, vraiment très riches.
Jaguar décapotable et Ferrari devant le bar du quartier pour le petit café du dimanche matin, rues privées, plages privées (on ne va quand même pas mélanger ce qu'il reste de pauvres avec les gens biens !), ports privés, les concessionnaires de grosses bécanes ou bagnoles de luxe sont tous dans le secteur, c'est un autre monde !
Pour un peu, la gorda fait presque pauvre elle aussi dans le coin, et cela nous renvoie à l'image que nous avions en France, celle de motards pas bien riches roulant sur une antiquité, alors que nous faisions des photos de centaines de bécanes pouvant coûter jusqu'à trente cinq mille euros pièce.
Mais nous nous en contrefoutons, nous aimons bien la gorda et notre image nous importe peu.
Nous avons fini par atterrir à El Tigre.
Cette ville est curieuse : elle fait face aux îles du delta du Paraná, qui se jette pas loin dans le rio de La Plata, immense espace naturel où s'entrecroisent de multiples canaux.
Ville devenue refuge pour les riches, à l'écart du centre de Buenos Aires, elle attire aussi les touristes, et les pauvres de nouveau qui viennent là le dimanche pour pique-niquer et pêcher sur les quais.
Et pour tous, le spectacle des bateaux des riches qui passent sans cesse !
C'est comme partout, les pauvres rêvassent en regardant vivre les riches, et les riches aiment bien qu'on les regarde vivre.
Une remarque pour Nath, il y a vraiment de quoi développer votre boite par ici (je n'ai que quelques photos de barcasses bas de gamme, mais il y a du vraiment lourd...)
Une remarque pour Jo, il y a de quoi bosser ici, de très nombreuses vedettes ou catamarans font des circuits sur les canaux, avec un capitaine et un ou deux marins...
Une remarque pour moi, je suis content que Maria soit poids plume et que ce soit la gorda qui fasse le boulot par cette foutue chaleur !
Nous nous sommes lassés de tout ça, la douche fraiche à la maison nous a fait revivre...
Et sinon ? Ah oui, le carnaval !
Franchement, cela ne casse pas trois pattes à un pingouin, et tant pis si je dis cela alors que Maria me l'avait vanté maintes et maintes fois, ce qui se comprend car elle l'a longtemps vécu comme partie prenante d'une "murga".
Murga, c'est un style de musique, et c'est aussi et surtout désormais un groupe, pouvant aller jusqu'à deux cent personnes ou plus, qui bossent toute l'année une chorégraphie, des costumes et la zique, pour se produire essentiellement pendant le carnaval, mais parfois aussi dans d'autres fêtes.
Pour ceux qui ont vu la série Treme (et ceux qui ne l'ont pas vu le devraient, parce que c'est une bonne série), l'ambiance est proche des groupes "d'indiens" qui se préparent pour le carnaval de la Nouvelle Orléans.
A Buenos Aires, le carnaval dure un mois, et dans la plupart des quartiers, un lieu, un parc, une avenue, est réservé à cet effet : les soirs de fête, on peut assister aux présentations de quatre ou cinq murgas, celles-ci tournant d'un lieu à un autre : vous avez tout compris ?
(Toutes mes excuses pour ces mauvaises photos, mais mon portable ne vaut rien de rien la nuit)
La musique est basée sur de la grosse percussion, et je m'attendais à des ambiances "calientes". Mais il en va ici, sur le peu que j'en ai vu, comme ailleurs : les gens viennent consommer du spectacle, et si la murga n'est pas au top, il ne se passe pas grand-chose, les spectateurs restent ... spectateurs !
C'est probablement plaisant pour ceux de la murga, mais de mon côté, je me suis lassé, désolé Maria !
Pour le reste, Maria a fait sa rentrée, mais pour les gamins, ce ne sera que début mars.
Et encore, ce n'est pas sûr : de très nombreux mouvements de grèves sont annoncés, car Macri, le pendant de Macron, a annoncé que les salaires n'étaient plus indexés automatiquement sur l'inflation, et c'est en ce moment que se négocient beaucoup de salaires de l'année, rentrée oblige.
Vous allez me demander : c'est quoi l'inflation ? Ben oui, vous avez oublié ce que c'est !
Ici, elle tourne au moins à 20, voire 25 %, avec une pointe à presque 40 l'année dernière je crois.
Durant notre balade vers les Andes, le litre de super était à un peu moins de 21 pesos, il est à presque 25 aujourd'hui. Une laverie pour les fringues coûtait 80 pesos il y a 15 jours, c'est 100 désormais.
Honda publie tous les deux mois ses tarifs motos, et ce n'est jamais à la baisse.
Un paquet de clopes tournait aux alentours de 60 pesos à mon arrivée, c'est plutôt 65 maintenant. Oui je sais, je n'ai qu'à arrêter de fumer, et 65 pesos, ce ne sont que 2,60 euros...
Bref, cette semaine, les banques sont en grève demain et mardi, les routiers le sont à partir de mercredi, et les éboueurs itou : ça promet, si la chaleur continue !
Quand je pense que je m'étais fixé comme programme cette semaine, après le succès de nos démarches pour obtenir ma résidence, de me concentrer sur l'importation définitive de la moto : un truc qui me faisait déjà "peur" tant les administrations sont, comment dire, spéciales ici, mais si en plus il y a des grèves, il est possible que je renonce pour un temps.
Tiens, à la place, je vous conterais quelques anecdotes sur la vie des fonctionnaires argentins au boulot : édifiant !
La bise à tous.














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