Des arbres à profusions le long de toutes les voies, des parcs parfois immenses disséminées dans toute la ville, très peu d'endroits aux rues étroites ou avec une concentration inhumaine d'immeubles. Rares sont les moments donnant l'impression de respirer du gazole (je n'imagine tout de même pas qu'on ne respire que des vapeurs d'huiles essentielles !), et la ville est réellement verte.
(Maria est petite et l'arbre est vraiment balèze !)
Une considération botanique en passant : vous avez tous croisé, j'imagine, une triste plante chez une quelconque grand-mère, nantie d'une tige immense avec deux ou trois pauvres feuilles au sommet, soigneusement nettoyées chaque semaine, le symbole pour moi d'une vie frisant la déprime, j'ai nommé le "caoutchouc", ou encore le ficus elastica pour ceux qui veulent se la péter.
Et bien en voici un exemplaire plutôt flamboyant et exubérant, en plein centre-ville, heureux d'être là et d'être admiré !
Bien sûr, je ne connais pour le moment pas grand-chose de Buenos Aires: nous restons centrés dans notre quartier la plupart des jours de la semaine, nous marchons beaucoup pour faire des démarches, les courses, ou simplement se balader le soir pour rejoindre un petit restau ou une terrasse bien tranquille pour la bière du soir.
Un de nos plaisirs arrive le week-end : le trafic est réellement plus faible, les avenues sont désertes le dimanche jusqu'en début d'après-midi. Alors nous sortons la gorda et explorons la grande ville, ce qui peut être plus pénible à certaines heures les autres jours.
La gorda fait toujours son petit effet. On peut croiser bien sûr de temps à autre d'autres grosses cylindrées, mais le plus souvent elles sont récentes (les nouveaux riches !), et la nôtre est quasi unique ici, car ce modèle d'il y a vingt ans était vraiment inaccessible à l'époque en Argentine. Les gens nous matent franchement aux feux rouges, souvent certains s'arrêtent lorsqu'elle est garée sur le trottoir, elle provoque bien des questions et ébauches de conversations.
Et évidement je sens près de moi, sans même regarder, certains chauffeurs de voiture ou de petites motos ayant envie de titiller l'accélérateur lorsque le feu passe au vert, juste pour voir ! Il m'arrive de leur offrir ce petit plaisir, avec un petit coup de poignée en coin : oui je sais, c'est con.
Nous nous habituons peu à peu à être sur le devant de la scène, mais ce n'est pas forcément évident alors qu'on aime passer anonyme...
Après la sensation de verdure, ce qui saute très vite aux yeux est la criante absence de règles architecturales, voire d'urbanisme. La photo qui suit résume tout pour moi, et je vous assure qu'il n'y a aucun collage photoshopesque !
Les promoteurs sont sûrement à l'affut de la moindre parcelle se libérant, peu importe qu'il y ait dessus une antique demeure, un vieil immeuble ou rien du tout, l'idée est de raser et reconstruire vite le plus haut possible, pour rentrer le maximum de thunes par mètre carré au sol acheté.
Pourtant il y a des bouts de quartiers qui ont pu garder une relative harmonie, comme pas loin de chez nous où de petites rues desservent des maisons individuelles, aux architectures certes disparates, mais du même gabarit !
Des parties du centre donnent l'impression d'une certaine unité, ou bien les nouveaux quartiers d'affaires, aux immenses gratte-ciel, qui sont tous du même style, et même d'anciens édifices sont réhabilités, tels les docks.
Comme nous sommes dans une capitale, il y a les immanquables, les monuments nationaux et ce genre de chose.
En France, Macron est à l'Elysée, ici Macri est à la Casa Rosada: je ne puis m'empêcher de penser qu'il est un tantinet suranné que le président de la nation soit à la "maison rose", mais bon...
Ou encore cet immeuble, ancien siège des chemins de fer, devenu centre culturel Kirchner, ce qui énerve au plus au point Maria :
Et puis, il y a tous ces trucs bizarres, inclassables, ou décalés, fruits d'esprit tortueux ou des sinuosités de l'histoire qui font le charme et la magie des balades dans cette mégalopole...
Au hasard des itinéraires, on peut rencontrer :
- l'ambassade de Cuba, joli immeuble dans un des quartiers les plus chics et plus chers de la ville, ce qui m'a plongé dans des réflexions très profondes sur l'état du monde et des pouvoirs en place
- un monument à la gloire des chauffeurs de taxis qui ont contribué au développement de la ville (sic !)
- ou un autre dédié à des musicos, dont Maria m'a conté l'histoire mais que j'ai oubliée, donc je la lui demande une énième fois : "Osvaldo Pugliese c'est le petit vieux à gauche, qui joue du tango au piano. Cet idiot avait choisi d'être communiste, et dans le coin, c'est vraiment pas une bonne idée ! Il a longtemps été interdit de scène, et même fait de la taule. C'est désormais la référence de tous les musicos argentins, qui l'invoquent plus que dieu, c'est dire !"
La gorda nous a déjà emmené dans des endroits bien sympathiques ou surprenants.
Comme la brocante nous a bien occupé l'esprit en France, nous avons eu envie de voir un peu ce qui était équivalent ici.
Nous avons donc trainé à la feria de San Telmo (ici feria, c'est pas comme à Dax ou Bayonne, ça veut simplement dire marché), un endroit d'antiquaires, un peu branché et touristique, mais qui a un charme certain. Les prix sont au double, triple ou plus de ce qui se pratique en France, certains stands prennent même les cartes bancaires, c'est dire, mais ce n'est pas grave, on n'y va pas pour acheter, mais pour l'ambiance, entre antiquités, démonstration de tango et balade du dimanche.
Le marché aux puces, couvert, est pas mal non plus, un bric à brac vraiment immense, du bon et du moins bon, des stands classiques, et des ... comment dire ... des "décharges" étonnantes !
Pour ceux qui n'aurait pas encore assimilé, Buenos Aires est au bord du Rio de la Plata, plus exactement sur son estuaire, où le fleuve donne plus l'impression d'un bord de mer, tant il est large.
Quoique sa couleur, souvent marronnasse à cause des pluies, surtout en Amazonie...
C'est évidement un lieu de balade pour les porteños le dimanche, ça embaume l'asado (le barbecue) dans tous les parcs, et la densité de pêcheurs à la ligne laisse à penser qu'il ne doit plus y avoir beaucoup de poissons.
(c'est encore calme, c'est le matin...)
C'est par là que l'on rencontre aussi des djeunes, forts sympas et toujours prêts pour une photo, adeptes du tuning et low riding de vélos, installant du gros son à l'arrière de leurs engins.
On s'étonne après, comme les jeunes le sont moins plus tard, qu'il passe des bagnoles aux basses à fond, toutes fenêtres ouvertes, dans les rues tranquilles des barrios !
La gorda nous a emmené aussi au cimetière de Recoletta, la place où il faut être pour l'éternité quand on est riche ou connu de son vivant.
On y trouve par exemple la tombe d'une des gloires de la nation, le général truc (je ne vais tout de même pas lui faire l'honneur de citer son nom !) qui a repoussé ces puta madre d'impérialistes français qui comme par hasard, sans doute pour une expédition botanique, trainaient dans le coin avec quelques navires de guerre au début du 19ème.
Bien entendu, Maria n'a pu s'empêcher d'exprimer son nationalisme exacerbé (oui oui, en bas à droite sur la photo) !
(Celui là a eu moins de chance, le caveau était complet,
on lui a construit une ridicule petite annexe)
Voila voila, un tout petit aperçu de la capitale.
En ce moment, deux événements se percutent, permettant aux argentins de déclarer leur amour pour tout ce qui est festif : le nouvel an chinois, et bien sûr le carnaval. Aujourd'hui et demain mardi sont d'ailleurs deux jours fériés...
Bon, pour les festivités chinoises, il parait honnête de dire que la motivation principale était plus la bouffe que les spectacles (qu'est-ce que c'est soporifique la musique chinoise !).
Quant au carnaval, je vous en dirais plus sur cette institution une prochaine fois, sans doute allons nous trainer ce soir dans un quelconque endroit "caliente".
Et mercredi, grosse journée : Maria fait sa pré-rentrée, et moi, j'ai rendez-vous à l'immigration pour ma carte de résident. Il faudra que je vous conte un jour mes aventures avec l'administration, Kafka à côté c'est du pipeau...
La bise à tous !
PS : j'ai l'impression que personne ne lit ce blog, je ne sais pas si je vais persister...






































Bien sure que tu es lu !!!! Si si continues c'est coool 😃
RépondreSupprimerCool que tu aies suivi ma trace sur ce blog ! J'ai par erreur réinitialisé mon tél en France avant de partir, je voulais te joindre, et puis voilà... Tu es en forme ?
SupprimerPareil :-)
RépondreSupprimerGilles, ça me fait plaisir de te retrouver ici. Quand verrais-je l'étrave d'Arzach dans le port de Buenos Aires ? Tout va bien pour toi ?
SupprimerOn est là!!! ET on lit!!
RépondreSupprimerUnknow, c'est moi :-) Ton fils!!
SupprimerAh ben voila ! Mes fistons avaient raison dans leur délire, j'ai un fils inconnu quelques part dans le vaste monde !
SupprimerPS : j'ai l'impression que personne ne lit ce blog, je ne sais pas si je vais persister...
RépondreSupprimerVoici une phrase qui tend à noircir les images, tant visuelles que narratives, pourtant bien colorées de base…
Pourtant tu devrais savoir que les gens sont ingrats et se fichent de glorifier ou d’encenser les élucubrations d’un ancien jeune qui parcours nos rêves en réel.
D’ailleurs pour certains les images suffisent, pour d’autres le texte est primordial ou encore d’aucuns voudrons les deux ensembles … et puis tu pourrais mettre des bandes son aussi, des vidéos avec une voix of qui décrirait les photos et reprendrait tes écrits(si si)
Mais plus sérieusement, mon cher Alain, tu es lu !!! Y a déjà moi, et puis … plein d’autres (re si si)
Enfin je voudrais te rappeler qu’ici en France nous sommes au mois de février et que c’est l’hiver, un de ces hivers bien déprimant avec un soleil qui à du se barrer avec toi et qui peine à nous revenir… Un de ces hivers ou le taux d’humidité est si haut que je ne mets plus d’eau dans le pastis pour pas le noyer ! C’est dire !
Tout ça pour te dire, mon cher Alain, que tu te dois d’être indulgent avec tes lecteurs !
Bises à vous deux
Ps : premier chleuasme de l'année. Bravo !
Chleuasme, chleuasme ! Pas du tout ! C'est juste que les statistiques du blog ne doivent pas vraiment fonctionner, il n'y a que très très peu de visites répertoriées, et ça m'a mis le doute. Est-ce que j'ai une tête à pratiquer le chleuasme ? Ne vas pas te noyer dans le pastis pour si peu...
SupprimerSalut Trap !
RépondreSupprimerC'est quoi déjà un "chleuasme" ? :o Sérieux, je sais pas si je vais réussir à envoyer ce mess ( je suis tjs aussi performant en technique ) mais sache que je te suis et te lis avec beaucoup de plaisir et d'attention...
Voilà, je t'embrasse... ainsi que Maria que je ne connais pas, mais que j'ai l'impression de connaître. Bonne route. A bientôt.
chico
Chico ! Cool que tu sois sur ce blog ! Beaucoup de regret de ne pas avoir pris le temps d'une petite visite dans le bled de 37°2 ! Mais mes prochaines vacances sont en France, on verra ! La bise
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