Un peu de silence, ouvrez votre livre de géographie en page 24, nous allons nous intéresser aujourd'hui à la planète terre.
On reproche souvent aux représentations géographiques de déformer la réalité de notre planète.
C'est une évidence puisqu'il s'agit de donner une image d'une sphère sur un plan.
Traine cependant l'idée sous-jacente que le monde "occidental" y a une part trop belle. On peut bien sûr arguer qu'il y a beaucoup plus de surfaces émergées dans l'hémisphère nord, mais tout de même...
Lorsque j'étais petit, oui oui je l'ai été au siècle dernier, trainait à la maison un globe terrestre, objet qui tend d'ailleurs à disparaitre des foyers.
Il était composé de deux demies sphères en métal mal soudées au niveau de l'équateur, et son utilisation le plus souvent abusive en jeux divers sans finalité culturelle faisait que ces deux morceaux de globe n'étaient pas toujours positionnés comme ils auraient dû. Parfois la moitié nord de l'Afrique était en contact direct avec l'Australie, ce qui me plongeait dans des rêves sans fin et des projets d'aventures assez complexes...
Mais lorsque le globe était bien ajusté, je pouvais le faire tourner dans un sens ou dans l'autre (je n'avais pas encore vraiment un sens très affirmé des vérités scientifiques !). Pratiquer ces rotations alors que le globe est bien posé sur son pied offre alors une sur-représentation de l'hémisphère nord, et à moins de maintenir l'objet à l'envers, l'Afrique, l'Australie ou l'Amérique du sud apparaissent bien peu à notre vue : la faute est attribuable à l'axiome où le nord est associée à l'idée du haut, ce qui a bien peu de valeur à l'échelle de l'univers.
Je n'ai découvert que très récemment la nouvelle version de Google Maps, merci pour la pub, non je ne touche pas de commission, et je suis retombé en enfance !
En zoom mini, la planète n'y est plus représentée en planisphère, mais en simulation 3D du globe, et c'est un outil magique.
Faites l'expérience et centrez la vue sur la France : comme français, vous connaissez probablement ce qui apparait, il y a pas mal de pays dans le champ de vision.
Même opération maintenant en focalisant sur l'Argentine : la vision change totalement.
Je vis désormais dans une zone qui est vraiment dans le trou du cul du monde, perdue au milieu des océans ! Heureusement que je ne suis pas parti en Australie...
Cette représentation m'a interrogé sur quelques points, des questions certes sans doute bâtardes.
Un peu moins de guerre qu'en Europe, parce que moins de voisins ?
Le patriotisme ambiant en Argentine ?
Pourquoi les argentins ne sont-ils pas plus marins que ça ?
L'idée que l'Argentine est souvent perçue par les argentins comme un grand pays du monde, une puissance à tous points de vue ?
Une relative inculture des gens en géographie ?
Ah non, ce n'est pas typique seulement d'ici...
Quoique !
Récemment j'étais garé devant une boucherie, attendant Maria qui faisait je ne sais plus quoi : sort bien sûr le boucher pour parler un peu de la moto, et qui me demande comment nous sommes arrivés jusqu'ici.
Ben la moto sur un bateau et nous en avion.
Et combien de temps a pris le voyage ?
Je ne comprenais pas bien la question, je lui ai fait répéter plusieurs fois, je pensais qu'il parlait de la moto, mais non, il s'agissait de nous dans l'avion, je lui ai dit une douzaine d'heures, il a eu l'air épaté, ne riez pas, je suis absolument certain qu'il pensait en termes de plusieurs jours pour ce voyage en avion !
Et nous voila partis avec une Maria énervée, énervée par l'ignorance des gens, leur manque de curiosité en général, l'abêtissement des peuples par les médias du moment, et ce genre de choses. Pour titiller un peu, j'ai osé émettre l'idée que peut-être tous les profs ne faisaient pas parfaitement leur boulot, mais en raison de ce qui a suivi j'ai constaté que ce style d'humour était certainement une erreur !
Bref, nous vivons dans l'hémisphère sud, et comme vous êtes tous férus de géographie, vous savez donc qu'ici c'est le printemps.
Les platanes devant notre balcon sont bien redevenus tous verts
et par conséquent la moto a de nouveau la bougeotte, après être restée plutôt tranquille pour que les motards ne s'enrhument pas trop.
Par exemple, nous sommes allés la semaine dernière à San Antonio de Areco, un gros bourg perdu dans la pampa à un peu plus de cent bornes de la capitale, au bout bien sûr de la sempiternelle ligne droite que vous connaissez tous désormais.
Pour ceux qui ne le sauraient pas déjà, les gauchos sont les travailleurs de la pampa qui s'occupent des immenses troupeaux de vaches et qui passent le plus clair de leur temps le cul sur une selle de cheval. Encore très présents actuellement, ils représentent la tradition, une partie de l'âme du pays, et s'il en découle tout un folklore, c'est encore un pan de la société argentine bien vivant.

Evidemment, l'endroit est plutôt fréquenté, surtout le week-end. Mais il garde un charme certain, toutes les maisons datent d'un siècle au moins et aucun immeuble récent disgracieux ne vient gâcher l'harmonie du village.
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| J'ai piqué l'image sur le net, j'en avais pas du village, la honte ! |
Sinon, hier lundi était férié.
Si la crise économique n'est pas une blague, nous nous sommes rassurés à la vue de cette affiche où le front syndical va partir demander à la vierge de Lujan du pain, la paix et du travail,
et sommes donc partis guillerets en vadrouille comme beaucoup de porteños pour ce week-end prolongé du côté de Mar del Plata.
Du coup, l'autoroute était bien chargée, et nous avons vite dévié par une route secondaire comme nous les aimons.
Et la pampa était plus gaie cette fois-ci, effet du printemps sans doute !


La région regorge d'oiseaux, et notamment de cigognes. Ces bestioles sont très taquines. Impassibles tant que l'on passe à plus de cent à l'heure, elles s'envolent dès que vous vous arrêtez pour les photographier, sans doute pour protéger le bébé humain qu'elles trimballent partout. Après plusieurs vaines tentatives, nous avons réussi une petite vidéo, ce n'est pas de la super qualité, mais c'est tout ce que nous avons réussi.
Chascomus et son immense laguna

Ayacucho et son étrange église
ou encore Balgarce
Juste avant Mar del Plata, une petite sierra, la sierra de Los Padres, a enfin rompu l'horizontalité générale du paysage. Nous n'avons pas été saisi par le mal d'altitude !
Et ce fut le choc de Mar del Plata.
Cette très grande ville était au commencement un simple village de pêcheur, avant de devenir à partir de la fin du 19ème siècle un lieu de villégiature pour les riches porteños durant l'été, en raison des températures plus agréables qu'à Buenos Aires (ben oui, on est plus au sud !), une sorte de Deauville ou encore Biarritz, avec palaces, casinos, belles demeures et golf bien sûr.
Le seul souci, étant donné l'irrespect quasi total du pays pour toute forme de patrimoine, est que l'industrie touristique et immobilière, plus particulièrement dans les années 60, a tout détruit pour installer des foutus immeubles à haute rentabilité financière.
La Baule en 10 fois plus grand. Et malgré tout, c'est la destination rêvée de beaucoup d'argentins, qui quittent leurs immeubles de la capitale ou d'ailleurs pour venir s'empiler ici, afin de profiter d'un demi-mètre carré de plage, le plus souvent payant !! Foutue époque...
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| Une des rares anciennes maisons ayant survécu... |
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| ...avec le musée, si, si, la-haut à gauche. |
Je n'ose imaginer l'ambiance en janvier : la population à l'année est de l'ordre de 600 000 habitants, et ce sont plus d'un million de touristes qui débarquent pour ce mois là !!!
Ce n'est pas l'été, et notre courte visite a été supportable :
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| Le quai de pêche a quand même de la gueule ! |

Et puis miracle, il y a un port de pêche, et c'est le genre d'endroit que j'aime !
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| Il n'y a qu'un seul grand pot de peinture en Argentine, tous les bateaux sont orange... |
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| A côté des pêcheurs à la ligne, l'inévitable vendeur de choripan et son mini barbecue ! |
Certes, les quais sont envahis par une inquiétante flottille de bateaux de pêche chinois : les chinois sont assez nombreux finalement, ils mangent beaucoup de poissons, et donc les bateaux chinois sont occupés partout à vider les océans. Grrrr !
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| Pour les noms des bateaux, ils ne s'emmerdent pas : Xin Shi Ji 25, Xin Shi Ji 26, Xin Shi Ji 97, etc ! |
Nous avons donc appris un truc important ce week-end : c'est toujours sympa de découvrir un nouvel endroit, enfin je parle pour moi, mais nous savons aussi désormais que nous ne passerons pas nos vacances d'été ici !
Dès dimanche après-midi, après un petit viron dans la sierra de Los Padres, nous avons taillé la route du retour, en faisant une étape dans un bled improbable, Dolores : en fait, nous étions fatigués et incapables de faire les deux cent bornes restantes.
Un bon restau de campagne pour se requinquer, et ce mural qui a permis à Maria de mettre quelques points sur quelques i :
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| Ce qu'on appelle amour est du travail non rémunéré |
Bon ce n'est pas tout ça, l'heure tourne, c'est déjà l'après-midi, je vais vous quitter, j'ai deux ou trois trucs à faire dans l'appart !!























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