Enfin, je vais mieux !
Après presqu'une semaine à avoir du mal à soulever mes godasses, à cracher mes poumons au bout de 300 m à pied et à ne quasiment pas dormir la nuit, je revis un peu.
Pour fêter ça, je vais changer provisoirement ma formule sur le blog. Quelques lignes tous les soirs (ça m'évitera la tentation d'aller tâter les bières de Lucho), et je posterai le tout d'ici quelques temps, par exemple quand je quitterai Huaraz, et tant pis si cela risque de faire un message fleuve. Mais je me rend compte que je me retrouve dans l'écriture. Cela vous convient ?
Bref, me voici parti ce matin vers mon premier temple, mais pas inca. Non, un truc de la civilisation Recuay des environs de l'an 600, donc bien avant l'hégémonie colonisatrice des Incas, un hangar à momies en quelque sorte...
Sept kilomètres de grimpette à travers de petits hameaux, dont une fois de plus vous ne verrez pas de photos. Toujours la même histoire, la photo est quelque chose de tellement intrusif, et perturbateur de l'instant présent.
Des cochons et moutons partout, des chiens affalés ou hargneux, des indiennes souvent "distantes", le "buenas tardes" jovial d'un petit vieux au détour d'un virage, des amoureux au bord du torrent, des petits détails et des parfums, et ces regards en soucoupes des gamins, la bouche bée, parce que des gringos grands échalas, il en passe, mais pas tant que ça, et puis quand même !
La balade a été fort sympathique ... jusqu'au sixième kilomètre, où j'ai cru que je n'irai jamais plus loin, plus de jambes, plus de souffle. Heureusement, à l'arrivée, juste avant que je me liquéfie sur le chemin, une fanfare dans un cimetière, ils font des drôles de trucs les indiens, m'a requinqué, et, à l'entrée du site, un mate de coca a fini de me remettre d'aplomb.
Bon, la visite des mausolées n'a fait que confirmer ce que je sais depuis belle lurette, les tas de cailloux ne me captivent pas plus que ça. Oui, d'accord, les charpentes avec des poutres en pierre sont assez étonnantes, et puis voilà !
Un angle de toit avec poutres en pierre,
un millénaire et demi de résistance aux séismes, pas mal !
Et c'est là, pour la première fois, que je me suis senti vraiment bien au Pérou.
Un tas de ferraille brinqueballant sur la mauvaise piste, quand il n'y a vraiment plus de places il y en a encore deux ou trois, un qui monte avec deux bouts de bois, l'autre avec un énorme sac au contenu indéterminé, celui-ci avec un monstre de tronçonneuse (c'est un ex-élagueur qui le dit) et ma voisine avec un ordi portable dernier cri, il n'y a rien à comprendre, c'est la vie, la musique andine ou latino à fond, la vierge en protection grâce aux photos sur tout le tableau de bord ou aux autocollants qui masquent les faiblesses de la carrosserie, on klaxonne en permanence, c'est dieu qui freine dans les virages, et ma foi s'il y a un vrai problème il reste Cristo antes todo !
Voilà, c'est ça que je suis venu chercher dans le coin, des paysages certes, mais surtout de petites tranches de vie des gens.
Mais pour la prochaine balade, je monte jusqu'où c'est possible ... en collectivo, et je redescend à pied !
Et je n'ai pas encore décidé si j'allais visiter le Machu Pichu...
Dimanche 18
Après un petit déjeuner copieux en compagnie de mon perroquet favori, j'ai pris la direction d'un des points de départ de collectivos pour aller courir la prétentaine du côté d'un tas de cailloux préinca quelconque.
Mais voilà que sur mon chemin je passe devant le stade, qui sans être aussi grand que le Vélodrome me semblait néanmoins bien moderne et de taille respectable. Et comme j'entendais quelques cris et autres trompes, j'ai acheté une place. Quatre matchs au programme, pour la modique somme de trois soles !
Il est sûr qu'à ce prix là il ne faut pas se poser la question de savoir dans quelle obscure division jouent les équipes. Mais j'ai trouvé l'idée sympa, faire courir des gars, plutôt bons dans l'ensemble à leur niveau, dans un vrai beau stade avec une vraie pelouse, certes pas tondue, plutôt que sur de mauvais terrains vagues de banlieue, puisque c'est la trêve pour l'équipe première. Et puis, malgré la petite paire de centaines de spectateurs perdus dans une arène de vingt mille places, l'ambiance était plutôt sympa, et j'ai bien rigolé avec ma voisine, une brave mère de famille, devant la maladresse de certains joueurs. Bon, un match et demi, c'était suffisant. En Argentine, j'essaierai d'aller voir un gros match, il paraît que là-bas, l'ambiance des stades relègue celle du Velodrome au niveau d'une cour de récréation d'école catholique.
C'était mon petit imprévu du jour...
Sinon, dans la catégorie des pakomenfrance, je suis passé dans un petit supermarché où étaient exposées en grand format à l'entrée les photos de ceux qui avait été pris à piquer dans le magasin. Classe !
Et dans la série des kazikomenfrance, j'avais bien remarqué qu'il y avait des mendiants, sûrement sdf, un peu partout dans la ville. Mais je n'avais pas fait gaffe avant aujourd'hui à leur nombre. Et des plus miséreux que les plus pauvres, c'est violent, un stade quasi animal. Il y a manifestement un problème dans les villes péruviennes, et le "progrès" matériel en laisse plus d'un au tapis. Mais on connaît bien aussi cette histoire, par chez nous...
Lundi 19
Aujourd'hui, virée en collectivo vers Caraz, à peut-être 70 bornes d'ici vers le nord. C'est toujours le même problème, les péruviens sont plutôt de petite taille (d'ailleurs il faudra que j'abuse en allant voir un concert), les places assises sont minuscules et j'en bave dans les minibus !
Caraz est une gentille et paisible bourgade, d'altitude moins élevée que Huaraz, réputée dans la région pour ses glaces, et c'est vrai qu'elles sont vraiment bonnes. J'ai dégusté la mienne sur la Plaza de Arma, qui est un plutôt kitsch d'ailleurs, sans réussir à reconnaître les parfums que j'avais choisis un peu au hasard, parce que le vendeur parlait vraiment vite et que je ne connais pas la moitié des fruits que l'on consomme au Pérou.
A propos de fruits, le marché de Caraz est vraiment énorme, deux ou trois fois les Puces de Marseille pour ceux qui connaissent, et s'y perdre c'est se noyer dans une profusion de parfums, odeurs, mauvaises odeurs, couleurs au milieu d'amoncellements de viandes, poissons, fruits, légumes, fleurs, épices, céréales qui permettent de manger juste en respirant. Une vraie expérience initiatique, les marchés péruviens !
L'autre chose qui m'a surpris à Caraz, ce sont les essaims de tricycles taxis dans toutes les rues et ruelles. J'ai demandé au chauffeur de celui qui m'a ramené à la station des collectivos qu'elle était la vitesse de pointe de la bête, et les 50 km/h annoncés sur le plat m'ont refroidi mon rêve de revenir un jour au Pérou pour un périple au guidon d'un de ces engins, où j'aurais installé un matelas et un réchaud...
Sinon, cela ne doit pas être évident de gagner sa vie à coup d'une demie sole (0,15 €) la course, même si la moitié des Péruviens donne l'impression de se faire véhiculer par l'autre moitié au volant ou guidon de tout ce qui peut rouler. Mais où vont donc tous ces gens ?
A ce propos, la circulation au Pérou est un véritable pakomenfrance. Il y a bien officiellement un code de la route, mais absolument tout le monde s'en contrefout, même si cela semble un peu moins grave qu'en République Dominicaine. Il faudra que je fasse vraiment gaffe sur la route, et que j'apprenne très vite à probablement me jeter en urgence sur la berne ou dans le fossé...
Mardi 20
Une petite journée sans, je n'ai pas trop eu envie de bouger.
Des occupations terre à terre, genre lessive, un ou deux mails pour les pièces de moto, un petit tour à la Plaza de Arma, une bière en terrasse, bref, on n'est pas obligé de faire de grandes choses tous les jours...
Et ce soir, réponse à l'un de mes mails. Le gars qui me fournit un réservoir d'essence amélioré sera à Lima vendredi. Comme il vient d'Amazonie, je ne discute pas le rendez-vous et vais donc reprendre le bus jeudi, mais cette fois-ci de jour, au moins je verrai du paysage...
Aller, je sens que cela va bouger, bientôt sur la route !
Mercredi 21
Finalement, je n'aurais pas fait grand-chose en presque quinze jours à Huaraz (mais rien ne m'empêche d'y revenir).
Aujourd'hui encore, c'est le côté pratique qui aura prédominé, entre ce message, acheter le billet de bus, réserver l'hôtel à Lima et ce genre de démarches.
Mais je suis trop content de retourner m'occuper de la Chichi !
Et la prochaine fois que je vous laisserai un message, j'espère que je serai vraiment sur la route...
Que tout se passe bien pour vous tous !
PS : en venant ici pour poster ce message, je suis passé devant une échoppe "Sex Burger". Je n'ai pas encore décidé où je dinais ce soir...


Alors cette chichi en as tu pris possession ? Comment roule t elle ? turbo ou pas ? Où es tu ???
RépondreSupprimerBonnes balades mais sois prudent les routes ne semblent pas être toutes au top ! Profites bien
Bisous
Hola Soizic !
SupprimerBé non, l'administration péruvienne étant une administration, ben ils ont fait une erreur sur les papiers. Bon, je comprend aussi, les péruviens ont tous deux ou trois prénoms et pareil pour les noms de famille. Quand ils recopient les infos de mon passeport, je suis Alain LE, et c'est tout ! Bref, ils se sont mélangés entre mon nom et mes trois prénoms. Théoriquement, ça devrait le faire jeudi, mais je reste prudent. Je suis parti me balader dans le sud, vers Pisco (!) et Paracas. Je retourne à Lima demain soir, on verra bien...
Plein de belles choses à toi, et ta première place à l'est, c'est une blague ! (pourtant, je t'avais expliqué !)
Bises.