C'est, comment dire, très très rural, l'Uruguay !
Déjà, à l'échelle du continent, ce n'est pas bien grand, 4 à 500 kilomètres d'est en ouest sur 500 du nord au sud à tout casser.
En gros, il y a la côte, au bord du rio de La Plata, puis le long de l'Atlantique. Des plages, plus ou moins aménagées. Quelques gros pièges à touristes, dont le plus marquant est Colonia, trois vieilles baraques coloniales et dix touristes au mètre carré, un endroit à fuir en urgence. Une capitale qui, comparée à Buenos Aires, à des airs de grosse bourgade. Bon, j'exagère un peu...
| La côte, à Colonia |
| Port de plaisance, Colonia |
| Un patio, quelque part dans Colonia |
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| Montevideo |
| Au bord du rio |
| Montevideo |
Notre petite balade y a pourtant bien mal commencé. Après un passage sans histoire sur le ferry entre Buenos Aires et Colonia, il nous a fallu rejoindre un petit hôtel de campagne à soixante dix bornes du débarcadère, dans une nuit limite glaciale d'automne. Ce sont les vacances de Pâques, c'est blindé de touristes, on n'a rien trouvé sur Colonia, j'ai annoncé par mail que nous arriverions vers les 23 h. Un petit repas plus tard, nous débarquons sur le coup de minuit, en pleine cambrousse. Le proprio de l'hôtel nous accueille ... en nous braquant avec un flingue ! Il nous crie de ne pas s'avancer et part vérifier notre résa.
Après quelques excuses et gêne des deux côtés, l'ambiance se calme et il s'avèrera que c'est un gars plutôt sympathique finalement, on passera même deux nuits chez lui. Il nous explique que des voleurs tournaient dans le coin en bécane.
OK. Ceci dit, je ne peux m'empêcher de penser qu'un mec qui s'achète une arme envisage la possibilité de s'en servir. Et quelqu'un qui se sert d'une arme peut donc tuer. Et s'il tue, c'est au final pour protéger, en résumant un peu, sa téloche et deux téléphones portables. Cela me parait bien aberrant tout ça. Autres lieux, autres cultures, autres mentalités. Et dire que l'Uruguay a la réputation d'être un des pays les plus sûrs de l'Amérique Latine, avec très peu de délinquance, au point que certains le surnomment la Suisse du coin !
Pour le reste, le pays donne vraiment l'impression de tourner à deux vitesses, avec une classe aisée, en majorité sur la côte, et des gens plus pauvres à l'intérieur, petits paysans ou ouvriers agricoles. Bon d'accord, c'est comme partout, il y a des privilégiés et les autres ! Sauf que la dichotomie est plus marquée ici, et la campagne a un petit côté vieillot, le plus visible étant les vieilles bagnoles dont certaines remontent aux années trente ou quarante, ou encore certains hôtels un tantinet surranés, restés en l'état depuis la dernière attaque de zombies, décoration, mémères à l'accueil et literies compris.
| Réception de l'hôtel à Montevideo, à peine kitsch... |
Le plus rigolo a été Villa Serrana, quelques maisons et villas secondaires dispersées autour d'un lac, et attention, classé patrimoine national !
Le lac en question devient bien faire dans les trois milles mètres carrés, avec une cane et trois grenouilles. Cela fait tout de même un peu pitié d'avoir si peu de choses à vanter pour attirer le touriste.
Bon, il ne faut pas trop exagérer non plus, la petite bière en terrasse devant la chambre de l'hôtel était bien sympathique, il n'y a pas toujours besoin de choses grandioses pour se sentir bien en voyage. Accessoirement, cette mare sera le point le plus à l'est de mon voyage.
Autre bonne blague, le "salto del penitente", une "grande" cascade entourée d'un parc, national qui plus est.
La chose, à l'entrée payante, devait bien faire dans les quinze mètres de haut, et tant qu'à faire presqu'à sec aujourd'hui, à faire exploser de rire ceux qui connaissent le ruisseau sous le Charnier ! Déjà que ce n'est pas très spectaculaire, et en plus les Uruguayens ont trouvé le moyen d'y autoriser la construction d'une horreur en béton surplombant le site, qui sert de restaurant. Cinq minutes nous y sommes restés...
Le reste de la balade n'a été qu'une longue litanie de kilomètres pour revenir vers Buenos Aires, au milieu de rien pour ainsi dire. Curieusement, je ne m'ennuie pas pour autant, tant j'aime errer le nez au vent au guidon de la chichi, même si les paysages sont plats, s'il n'y a quasiment jamais de virages et si sur la fin la pluie nous a un peu enquiquiné. Le plaisir de rouler dans des pays inconnus, loin de mes points de repères habituels, avec les surprises des étapes dans de petits bleds paumés. Et si le pays ne casse pas des briques, il faut reconnaitre que dans l'ensemble les Uruguayens sont plutôt bien sympathiques.
| Voyage au milieu de nulle part |
La frontière au retour a été un peu longuette à passer, gros retour de vacances pour les Argentins. C'est assez étonnant d'ailleurs, l'Uruguay est déjà en soi un pays relativement cher, et de plus le peso argentin ne vaut strictement rien à l'extérieur de l'Argentine, en dehors de son cours artificiel bidon annoncé par le gouvernement mais dont même les maisons de change ne tiennent pas compte. Des clopinettes et des cacahuettes ! Il faut croire donc qu'il y a des argentins vraiment riches, ceci dit celà ne se ressent pas tant que ça en les voyant. Trafic sur le dollar au cours officieux dans la rue ?
Aujourd'hui, ultime révision pour la chichi chez mon pote Umberto, il lui faut bien deux pneus neufs pour traverser les pistes réputées difficiles du sud de la Bolivie.
Le problème est que nous voici en automne, avec de bien grosses pluies et orages, des morts hier à Buenos Aires avec de soudaines montées des eaux dans les rues.
| Automne, quelque part au fin fond de l'Uruguay |
Il va probablement falloir que je zigzague entre les nuages, mon itinéraire devient donc incertain, avec cependant la contrainte d'être à Lima vers le 19 avril, pour me laisser le temps de tenter de vendre la chichi avant mon avion de retour. Cela risque de se transformer en sprint final, alors que j'ai toujours l'envie de baguenauder et trainailler en route. Bon, il y a plus grave...
Gros bisous à tous ! Et à très bientôt.
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