Me voici donc quasiment au bout de la première étape de mes aventures, fatche ça va trop vite, il me faut quitter la République Dominicaine (RD) ce lundi à venir, direction le Pérou. J'écris ce petit billet dès aujourd'hui, parce que pour les trois jours qui me restent ici, je vais carrément vous oublier et profiter au maximum de tout ce qui m'entoure, et qu'accessoirement, aujourd'hui, il y a du courant.
Comme quelques-uns un peu naïfs ici le croient, je vais donc aller me blanchir encore plus à l'étranger, ben oui les blancs sont blancs parce qu'ils passent beaucoup de temps en dehors de la RD, d'ailleurs certains ont demandé à mon fils si sa femme avait blanchi puisqu'elle avait passé plus de six semaines en France !
Mais je peux déjà dire que ce fut un petit mois de bonheur, pendant lequel j'ai pu vivre tant de jolis moments avec Nath, sa compagne et "ma" petite fille qui, tous le savent bien désormais, est la plus belle du monde.
J'ai eu aussi du coup la chance de pouvoir un peu, un petit peu, m'immerger dans la vie dominicaine. Certes Nath connait ici une situation relativement privilégiée, mais son coeur et sa façon d'être font qu'il compte des amis de tous les horizons et toutes les classes sociales, et ce fut un réel plaisir de partager sa vie quotidienne.
Tiens, je vais profiter de cette tribune (fastoche, c'est moi qui l'ai mise en place !) pour pousser un petit coup de gueule. La RD mérite mieux que ce que lui proposent les multinationales du tourisme qui déversent chaque jour des troupeaux d'occidentaux dans des hôtels de luxe "tout inclus", où elles les gardent bien enfermés en leur contant des fariboles sur la vie hors des complexes, avec entre autres des légendes sur la dangerosité du contact avec les dominicains qui ne pensent qu'à flinguer les touristes.
Certes, cela apporte malgré tout, malgré l'indécence des petits salaires, un peu de fric dans le pays (et pas mal dans la poche des actionnaires des sociétés en question et celle des politiques corrompus du coin !). Mais cela conduit à tant de "dysfonctionnements"...
OK, en France aussi, il y a beaucoup de pauvretés, et on sert de larbins aux quelques milliardaires qui viennent se défouler sur la Côte d'Azur. Mais pour des raisons qu'il me faudra approfondir, cela me choque moins, c'est un peu moins criard qu'ici.
L'intérêt égoïste de tout ça cependant est que, en dehors des ghettos à "classe-moyenne-occidentale-qui-vient-se-la-péter-j'ai-fait-la-Répdom-une-grande-aventure-j'ai-a-doo-ré !", il n'y a quasiment pas de touristes en balade dans la partie "normale" du pays.
Tant pis pour eux ! Ils ne connaitront pas la gentillesse du peuple dominicain, son humour, sa faconde, son goût immodéré pour la musique chaloupante, sa tolérance. Nulle part, en deux fois un mois en RD, de jour comme de nuit, en ville comme à la campagne, seul ou en groupe, je ne me suis senti en danger (pas la peine quand même d'aller faire le clown dans les bidonvilles...), ni même perçu comme une bestiole curieuse, ni non plus comme un porte-monnaie à deux pattes (même les flics semblent avoir lever le pied sur le rackett lors des contrôles). A de très rares exceptions près, jamais on ne m'a renvoyé ce que j'étais réellement, à savoir un gars plutôt aisé qui a le temps et l'argent pour ne pas bosser et glander, alors que le quotidien ici pour la plupart est plutôt dur, voire très dur.
Merci aux dominicains pour cela, ce n'est pas sûr qu'à partir de la semaine prochaine à Lima, ce soit toujours la même limonade (mais cette dernière remarque est dûe à la petite pointe d'inquiétude que l'on ressent toujours, quand on bourlingue seul, avant de passer une nouvelle frontière, avant un saut dans un nouvel inconnu, inquiétude qui s'évanouit normalement dès qu'on est de l'autre côté, ou alors c'est qu'on a choisi une destination vraiment pourrie !).
Pour autant, tout n'est pas rose non plus pour les touristes. La preuve, l'autre jour, alors que je voulais prendre une douche, une foutue araignée bien noire et vachement rapide, très très très grosse, à peine moins que les mygales qu'on croise parfois le soir sur les routes, est sortie par la bonde. Je me suis instantanément retrouvé à poil dans le salon à 15 m de là et n'ai plus pris de douche pendant deux jours ensuite !
Blague à part, si je ne devais retenir qu'une image de ce pays (qui me manque déjà !), ce serait sans doute une, très fugitive, dans le nord, du côté de la presqu'ile de Samana. Au détour d'un virage, un gars, manifestement très pauvre, sur la route devant sa maison toute de bric et de broc, esquissait un joli pas de danse, seul avec ses rêves, sur ce qui était sans doute un air de merengue (j'ai pas capté à partir de la bagnole !) qui sortait de sa radio restée sûrement à fond chez lui. Une jolie illustration de la philosophie locale, beaucoup de choses sont difficiles, mal foutues, injustes, pourries, moches, mais il y a tout de même un peu de place pour le plaisir. C'est vrai, en France on râle sur tout, y compris pour le principe, comme si on subissait en permanence les pires catastrophes du monde, ici, quand tout va mal, on danse...
Surtout, portez vous tous bien.
Une pensée particulière pour les potes en partance pour Cuba, plein de belles choses à vous !
Hasta luego !
Ah oui, c'est vrai, il va falloir que je m'y fasse, un blog fait plus chic avec des photos, mais je ne suis pas très riche en la matière, j'en fais peu, et plutôt de trucs bizarres, genre fils électriques dans la rue, pub rigolotte ou plaque d'immat de bagnoles ! Bon, j'essaye de vous en trouver quelques unes...
Un trottoir dans la capitale, dire qu'il y en a qui râlent à Marseille !
Bien vrai, je fais des photos de tableaux électriques,
voici celui d'un labo médical plutôt correct et moderne côté rue, ça c'est côté cour.
Le pire, c'est que dans l'ensemble, les choses fonctionnent.
Qu'est-ce qu'ils nous emmerdent avec leurs normes en France ?
Un marchand de fruits à la capitale...
Ici, il y a un taux de chômage mirobolant, mais tout le monde s'invente un petit "boulot" :
marchand d'oranges aux feux, "trouveur" de place de parking,
gardien de bagnole le temps d'une course de son propriétaire,
réparateur de crevaisons au bord de la route (il suffit de fondre du caoutchouc sur le trou !), etc.
Un ahuri sur une plage à moustiques...
(Qu'est-ce qu'on dit, Clarisse ? Merci qui ?)
La plus belle !
Pour la première fois de ma vie, j'ai fait du plus de 30 noeuds sur l'eau, ça pulse !
J'ai essayé d'imaginer ce que cela pouvait donner sur un gros cata en pointe à 45 noeuds...
Ici, c'est tout pareil qu'en Bretagne, il y a des vaches sur les routes.
Ah non, pas pareil, ce ne sont pas les mêmes fougères !





Ca y est, enfin je pense arriver à poster ce commentaire! Tt simplement en anonyme! Super ce blog pour suivre un peu ton aventure. On veut pleins de photos! La chichi turbo dans les montagnes péruvienne, la chichi à la plage, la chichi en panne au bord de la route, la chichi au bar…! Je voulais t'offrir une scelle tunée dominicaine, mais je suis pas sur que ca rentrera dans ta valise! Pas hate que tu parte mais hate de suivre tes aventures, de rever devant tes photos.
RépondreSupprimerYa tu sabe! Cuidate
Nathanael
Un grand merci pour avoir encourager ton vieux père dans son aventure ! Cela fait chaud au coeur, parce qu'en fait je me pose plein de questions, je doute de moi, de ce voyage, de l'idée de me balader à cet endroit là en touriste, qui plus est sur une chichi neuve, de me payer une belle tranche d'égoïsme alors que j'ai sans doute mieux à faire en France et autres pensées parasites. Mais j'imagine aussi que cela va me passer une fois que j'aurai pris le rythme de l'autre côté, que je me serai un peu immergé dans une autre culture et aurai fait quelques jolies rencontres. Déjà améliorer mon espagnol sera pas mal. Donc oui, promis, je vais poster des photos de la chichi un peu partout sur le continent.
SupprimerQuant à la selle, c'est sûre qu'es modèles dominicains sont bien beaux. Hé verrai avec spécialités péruviennes !
Tu ne vas quand même pas culpabiliser de voir du pays et d'aller à la rencontre de ses habitants d'une façon nettement plus authentique que ceux qui fréquent les tour operators...
SupprimerBah, c'est juste une petite crise de culpabilité !
SupprimerAuthenticité ? Pas facile comme concept de nos jours...