Envie d’ouest, envie de partir de la grande ville, envie de relief, de montagne, envie de revoir les Andes.
Ainsi donc, le lundi 31, nous prenons la route, et en bon français moyen sur la route des vacances, j’ai enquillé la RN7 !
Je ne vais pas vous l’expliquer à chaque fois, comme vous êtes des lecteurs attentifs, vous savez que pour rejoindre la cordillère, il nous faut traverser toute la pampa.
Ce premier jour fut donc consacré à 500 bornes de "pampa humeda", avec comme objectif le sympathique trou perdu General Villegas.
Pourquoi là plus qu’ailleurs ? Pas vraiment d’explication, autre que celle que c’est à peu près la moitié du chemin avant d’atteindre les premiers contreforts des Andes.
Nous avions aussi dans l’idée de passer le réveillon dans un petit bled, pour trinquer tranquillement avec les locaux sur la place centrale.

Pourquoi là plus qu’ailleurs ? Pas vraiment d’explication, autre que celle que c’est à peu près la moitié du chemin avant d’atteindre les premiers contreforts des Andes.
Nous avions aussi dans l’idée de passer le réveillon dans un petit bled, pour trinquer tranquillement avec les locaux sur la place centrale.

A peine arrivé à General Machin, je me branche avec un jeune gars qui me conseille les deux endroits où il faut être ce soir là : un restau un peu gastronomique et une cerveceria artisanale, nous sommes donc sauvés !
Et la soirée débute donc en terrasse à la cerveceria, où la IPA (Indian Pale Ale, pour ceux qui ne le sauraient pas) est fort honorable.
Mais c’est la que subitement tout a commencé à dégénérer : à 21 h tapantes, le bar a fermé, et c’est le seul du bled !
Nous avons fait les malins, genre nous nous en foutons "nous avons une autre adresse nananaire" : le restau en question était évidemment fermé aussi.
Nous avons connu un grand moment de calme, assis sur un banc dans la rue principale quasi-déserte sur le coup de 22 h, à regarder passer quelques rares bagnoles, la sono à fond.
Fin du réveillon ?
Mais non ! Nous avons fini par trouver un restau ouvert, où il restait deux places dans le patio près de la fontaine, c'est parfait. Nous avons donc terminé l’année avec les friqués du coin.
General Truc est en effet un bourg plutôt riche : gros producteurs de plantes en tous genres bien ogéèmisées, grands propriétaires terriens qui ne font rien à part se pavaner dans de gros 4x4, fils et filles de, vendeurs de tracteurs style vaisseaux spatiaux, etc.
Arrivé au point où j’en suis, cela ne m’a pas gêné plus que ça !
Le lendemain, la tête même pas embrumée par les quelques bières de la veille, nous voici de nouveau sur la route, mués par un grand optimisme : le service météo nous annonce en effet une bonne couverture nuageuse et une température agréable, malgré quelques risques d'orages localisés.
C’est juste ce qu’il nous faut pour traverser la redoutable pampa seca, une steppe aride et sablonneuse, balayée par des vents chauds et où il est très difficile de rencontrer un arbre pour quelques minutes à l’ombre.
La région est évidement pauvre, c’est une zone d’élevage extrêmement extensif, avec une vache au km² et deux ou trois chèvres égaillées.
Quelques puits de pétrole ne contribuent pas non plus à la richesse générale, mais seulement à la compagnie qui les exploite.
Ce n'est donc pas la région idéale pour des motards.
Nous le savions pourtant, il ne faut jamais se fier aux prévisions de la météo argentine.
C’est juste ce qu’il nous faut pour traverser la redoutable pampa seca, une steppe aride et sablonneuse, balayée par des vents chauds et où il est très difficile de rencontrer un arbre pour quelques minutes à l’ombre.
Quelques puits de pétrole ne contribuent pas non plus à la richesse générale, mais seulement à la compagnie qui les exploite.
Ce n'est donc pas la région idéale pour des motards.
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| Les stations YPF nous servent souvent de refuge, pour la clim' et parce qu'il y a moyen de s'y sustenter correctement mais dans la pampa seca, même la station est un peu délabrée... |
Le soleil a fini par l’emporter sur les nuages, et dans la pampa seca, cela ne pardonne pas, nous avons terminé la traversée par un bon 37° à l’ombre, mais sans l'ombre !
Nous sommes arrivés totalement desséchés dans les environs de San Rafael, édifiée au bord du rio Atuel, un retour à la vie en quelque sorte, car qui dit rio dit irrigation : vignes, arboriculture fruitière, nombreux oliviers, cultures maraîchères, quel contraste après la steppe !
San Rafael nous a paru une jolie ville, où toutes les rues et avenues sont bordées d’immenses arbres ;
mais trop crevés pour vraiment profiter des lieux, nous sommes directement allés nous écrouler dans un hôtel quelconque.
San Rafael nous a paru une jolie ville, où toutes les rues et avenues sont bordées d’immenses arbres ;
mais trop crevés pour vraiment profiter des lieux, nous sommes directement allés nous écrouler dans un hôtel quelconque.
Au fait, pourquoi tant souffrir à traverser la pampa seca ?
Nous sommes désormais dans la province de Mendoza, qui longe les Andes et est grande comme un quart de la France ! Nous savons qu'ici nous allons rencontrer pleins de jolies balades.
Nous avons ainsi consacré une journée au canyon del Atuel : le rio traverse une petite sierra au sud de San Rafael pour alimenter un lac de retenue, et une route de 50 km de ripio nous attend.
Le ripio est le terme générique pour toutes les routes non asphaltées, le plus souvent c’est un mélange de gravier et terre plus ou moins sableuse ; parfois le ripio est entretenu, avec le passage régulier de machines qui dament la voie, parfois c’est juste un mauvais chemin difficilement praticable. Une grande partie des routes provinciales argentines est en ripio, et même certaines routes nationales, comme par exemple quelques portions de la mythique Ruta 40, qui va de la Bolivie à Ushuaïa.
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| Là ça va, c'est du bon ripio ! |
Normalement, notre bécane n’a rien à faire sur du ripio : trop lourde, trop basse, trop fragile.
Mais je suis un incorrigible têtu, et nous tentons l'aventure. Cela en valait la peine !
En sortant du canyon, nous n'avons pu résister à l'envie de reprendre un peu de pampa seca, quelques 150 bornes pour nous rapprocher encore plus des Andes, du côté de Malargüe.
Les trois quarts de l'Argentine sont totalement plats, et ce qui m'a étonné sur cette étape est qu'il n'y pratiquement aucune transition entre cette désespérante horizontalité et les premiers sommets enneigés, qui dans le coin sont déjà à plus de 4000 m.
Pas de Drôme, Alpes du sud ou autres pré-Alpes à traverser pour atteindre les grands massifs des Alpes, ici au bout de la sempiternelle ligne droite commence directement la haute montagne.
Notre envie de sommets nous a ensuite conduit dans la vallée de Pehuenche au sud de Malargüe, un des quelques passages vers le Chili, dont un argentin rencontré en bord de route nous avait vanté la beauté.
Effectivement, les premiers kilomètres nous ont enchantés :
Mais mauvaise surprise, la douane argentine est installée à 40 km du sommet et de la frontière, et rappelez vous, notre moto est, comment dire, "illégale" : ce n'est donc pas là que nous irons chatouillé les neiges éternelles !
Hop, demi-tour, et comme nous n'avons peur de rien, nous filons cette fois-ci au nord de Malargüe, quelques 200 km pour rejoindre Las Leñas.
Las Leñas est une station de ski, réputée comme la plus chic d'Argentine. Soyons clair, le ski dans les parages est affaire de gens riches, voire très riches, c'est une activité beaucoup moins populaire qu'en Europe. Mais bon c'est l'été, peu de chances que nous soyons hors-sujet quant au choix du t-shirt pour la pizza du soir !
La montée surprend un peu, nous ne sommes qu'à 1500 m d'altitude, il y a encore des cactus dans les pentes rocailleuses et pourtant nous rencontrons ces étonnants panneaux de signalisation, surélevés en raison des fortes quantités de neige en hiver :
Un peu plus loin, nouvelle surprise, d'importance celle-ci : el Pozo de las Animas (le puits des âmes), deux dolines se touchant presque, dont la plus grande et la plus impressionnante avoisine les 200 m de diamètre pour une centaine de mètres de profondeur.
C'est vraiment étonnant de rencontrer là ce type de formation, alors qu'il n'y en a aucune autre dans la région :
Enfin arrivés à destination, nous ne laissons pas impressionner par la réputation des lieux et nous offrons un petit appart-hôtel pour deux nuits, avec vue directe sur les sommets !
Une fois de plus, vous vous inquiétez pour nous : pourquoi venir dans un tel endroit, si inhospitalier puisque la bière d'un demi litre est à 3 euros 50 et la seule nourriture disponible en cette saison est une pizza, en l'absence d'épicerie ?
A quelques 30 km au dessus de la station, se trouve El Valle Hermoso (la vallée magnifique) : les agences touristiques vantent l'endroit comme la perle de la région, mais bien sûr uniquement accessible en 4x4. Rien de tel pour nous motiver, et voici de nouveau la gorda partie à l'aventure sur le ripio.
Il y a bien sûr eu un ou deux passages difficiles, mais à vitesse lente, c'était faisable et donnait le temps d'apprécier les paysages, effectivement somptueux :
Enfin, el Valle Hermoso ! C'est vrai que ça a de la gueule.
Nous sommes pas descendus au fond, les 5 km de lacets serrés m'inquiétaient pour la remontée : les agences touristiques avaient elles raison ?
Bien, maintenant assez rigolé, basta des petites montagnes, nous allons passer aux choses sérieuses et rejoindre le nord-ouest de Mendoza Capital.
Pour ce projet, rien de plus facile, il suffit d'enquiller la pampa seca !
Heureusement, en s'approchant de Mendoza, les paysages deviennent moins rudes : la région est un des grands centres vinicoles d'Argentine, et il est plus facile de se balader entre des vignes qu'au bord des salines.
Mais les argentins m'inquiètent souvent. Ils disposent d'espaces tellement immenses et de terres en abondance que même dans la pampa la plus aride ils se sont lancés dans des modes de culture assez incroyables, à grands coups d'irrigation. Et qui dit concentration du même type de plantes sur de grandes surfaces dit problèmes phytosanitaires, donc traitements chimiques intensifs.
Bref, je ferme ma gueule, il parait qu'il y a de plus en plus de bons vins argentins...
Nous avions repéré un camping à Tupungato, au pied du volcan du même nom, mais aujourd'hui malheureusement perdu dans les nuages à plus de 5000 m d'altitude.
Le camping est intéressant : plus de 36 hectares de bois et bosquets, pas trop de monde, nous trouvons un coin à peu près tranquille, installons la tente, et retournons à l'entrée où il y avait moyen d'acheter un peu de nourriture. Ambiance très bizarre, la vendeuse venait de se faire braquer à main armée !
Le responsable a eu beau nous dire que ce n'était rien (il en rigolait presque, foutue Amérique Latine !) et que tout se passerait bien pour nous, nous avons de suite démonté la tente, une occupation comme une autre.
Comment dormir paisiblement dans un tel endroit, ouvert à tous, sachant que notre moto dorée ne peut qu'attirer l'attention ?
Finalement l'hôtel du centre était très agréable, et la pizzeria parfaite.
Et c'est donc indemnes que nous avons attaqué la montée vers Uspallata, un vrai bonheur malgré des orages menaçants !
C'est ça qui nous fait aimer les Andes : au delà de l'importance du relief et des altitudes respectables, la diversité minérale, les nombreuses couleurs que peuvent prendre la terre et les roches, les sculptures de l'érosion sont un enchantement à chaque virage.
Uspallata, un simple croisement de routes, est très animé : c'est dimanche, il y a eu un violent orage de grêle en matinée, de très nombreux motards, le plus souvent chiliens, se sont réfugiés dans les quelques bars et à la station-service. On rencontre même deux motards français qui viennent tout juste de débarquer en Amérique du Sud à Santiago du Chili.
Une visite au camping municipal ne nous enthousiasme pas plus que ça : il n'y a pas d'herbe, la terre n'a pas encore fini d'absorber l'eau du matin, il se dégage comme un sentiment de désolation. Décidément, le camping ne nous réussit pas trop cette année !
Une jolie cabaña fera l'affaire pour trois nuits, et Maria est contente, elle peut reprendre une vie normale !
Nous pouvons donc attaquer sereinement la montée le long du rio Mendoza vers les grands sommets près de la frontière chilienne : la plupart sont au dessus des 6000 m, nous sommes au coeur des Andes. Pas de mots, des photos !
Une curiosité en chemin, el puente del inca, une construction naturelle née après des centaines de milliers d'années d'un très lent processus de dépôt des minéraux contenus dans les eaux d'une source.
Comme les argentins ne font rien comme les autres, ils ont construit au début du XXème un hôtel directement sous le pont, ou l'art de massacrer une merveille naturelle. Mais bon, je ferme ma gueule, je ne suis pas chez moi !
Bon, nous avons fini par y entrer dans ce fameux parc de l'Aconcagua.
Après un long trekking d'approche d'environ 700 m qui m'a totalement éreinté, j'ai immortalisé le monstre de 6960 m sur cette ultime photo, parfaitement ratée car cet idiot avait noyé son sommet dans les nuages !
Voila enfin un de mes buts dans la vie atteint : j'ai vu de mes propres yeux le point culminant de toutes les Amériques !
Je peux donc clore définitivement ce blog, car je ne vois pas bien ce que je pourrais vous raconter de plus merveilleux ensuite.
Je vous aime.
Mais je suis un incorrigible têtu, et nous tentons l'aventure. Cela en valait la peine !
Les trois quarts de l'Argentine sont totalement plats, et ce qui m'a étonné sur cette étape est qu'il n'y pratiquement aucune transition entre cette désespérante horizontalité et les premiers sommets enneigés, qui dans le coin sont déjà à plus de 4000 m.
Pas de Drôme, Alpes du sud ou autres pré-Alpes à traverser pour atteindre les grands massifs des Alpes, ici au bout de la sempiternelle ligne droite commence directement la haute montagne.
Notre envie de sommets nous a ensuite conduit dans la vallée de Pehuenche au sud de Malargüe, un des quelques passages vers le Chili, dont un argentin rencontré en bord de route nous avait vanté la beauté.
Effectivement, les premiers kilomètres nous ont enchantés :
Mais mauvaise surprise, la douane argentine est installée à 40 km du sommet et de la frontière, et rappelez vous, notre moto est, comment dire, "illégale" : ce n'est donc pas là que nous irons chatouillé les neiges éternelles !
Hop, demi-tour, et comme nous n'avons peur de rien, nous filons cette fois-ci au nord de Malargüe, quelques 200 km pour rejoindre Las Leñas.
Las Leñas est une station de ski, réputée comme la plus chic d'Argentine. Soyons clair, le ski dans les parages est affaire de gens riches, voire très riches, c'est une activité beaucoup moins populaire qu'en Europe. Mais bon c'est l'été, peu de chances que nous soyons hors-sujet quant au choix du t-shirt pour la pizza du soir !
La montée surprend un peu, nous ne sommes qu'à 1500 m d'altitude, il y a encore des cactus dans les pentes rocailleuses et pourtant nous rencontrons ces étonnants panneaux de signalisation, surélevés en raison des fortes quantités de neige en hiver :
Un peu plus loin, nouvelle surprise, d'importance celle-ci : el Pozo de las Animas (le puits des âmes), deux dolines se touchant presque, dont la plus grande et la plus impressionnante avoisine les 200 m de diamètre pour une centaine de mètres de profondeur.
C'est vraiment étonnant de rencontrer là ce type de formation, alors qu'il n'y en a aucune autre dans la région :
Enfin arrivés à destination, nous ne laissons pas impressionner par la réputation des lieux et nous offrons un petit appart-hôtel pour deux nuits, avec vue directe sur les sommets !
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| Début du coucher de soleil : pas mal depuis la fenêtre de notre piaule ! |
A quelques 30 km au dessus de la station, se trouve El Valle Hermoso (la vallée magnifique) : les agences touristiques vantent l'endroit comme la perle de la région, mais bien sûr uniquement accessible en 4x4. Rien de tel pour nous motiver, et voici de nouveau la gorda partie à l'aventure sur le ripio.
Il y a bien sûr eu un ou deux passages difficiles, mais à vitesse lente, c'était faisable et donnait le temps d'apprécier les paysages, effectivement somptueux :
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| Pour être franc, sur ce passage, j'en ai bavé, les 400 kilos de la bête se ressentent dans les bras... |
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| ... mais ce petit gué a été une rigolade ! |
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| Cadeau bonus (mais la photo est mauvaise) : le volcan Peteroa en éruption |
Enfin, el Valle Hermoso ! C'est vrai que ça a de la gueule.
Nous sommes pas descendus au fond, les 5 km de lacets serrés m'inquiétaient pour la remontée : les agences touristiques avaient elles raison ?
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Pour ce projet, rien de plus facile, il suffit d'enquiller la pampa seca !
Heureusement, en s'approchant de Mendoza, les paysages deviennent moins rudes : la région est un des grands centres vinicoles d'Argentine, et il est plus facile de se balader entre des vignes qu'au bord des salines.
Mais les argentins m'inquiètent souvent. Ils disposent d'espaces tellement immenses et de terres en abondance que même dans la pampa la plus aride ils se sont lancés dans des modes de culture assez incroyables, à grands coups d'irrigation. Et qui dit concentration du même type de plantes sur de grandes surfaces dit problèmes phytosanitaires, donc traitements chimiques intensifs.
Bref, je ferme ma gueule, il parait qu'il y a de plus en plus de bons vins argentins...
Nous avions repéré un camping à Tupungato, au pied du volcan du même nom, mais aujourd'hui malheureusement perdu dans les nuages à plus de 5000 m d'altitude.
Le camping est intéressant : plus de 36 hectares de bois et bosquets, pas trop de monde, nous trouvons un coin à peu près tranquille, installons la tente, et retournons à l'entrée où il y avait moyen d'acheter un peu de nourriture. Ambiance très bizarre, la vendeuse venait de se faire braquer à main armée !
Le responsable a eu beau nous dire que ce n'était rien (il en rigolait presque, foutue Amérique Latine !) et que tout se passerait bien pour nous, nous avons de suite démonté la tente, une occupation comme une autre.
Comment dormir paisiblement dans un tel endroit, ouvert à tous, sachant que notre moto dorée ne peut qu'attirer l'attention ?
Finalement l'hôtel du centre était très agréable, et la pizzeria parfaite.
Et c'est donc indemnes que nous avons attaqué la montée vers Uspallata, un vrai bonheur malgré des orages menaçants !
C'est ça qui nous fait aimer les Andes : au delà de l'importance du relief et des altitudes respectables, la diversité minérale, les nombreuses couleurs que peuvent prendre la terre et les roches, les sculptures de l'érosion sont un enchantement à chaque virage.
Uspallata, un simple croisement de routes, est très animé : c'est dimanche, il y a eu un violent orage de grêle en matinée, de très nombreux motards, le plus souvent chiliens, se sont réfugiés dans les quelques bars et à la station-service. On rencontre même deux motards français qui viennent tout juste de débarquer en Amérique du Sud à Santiago du Chili.
Une visite au camping municipal ne nous enthousiasme pas plus que ça : il n'y a pas d'herbe, la terre n'a pas encore fini d'absorber l'eau du matin, il se dégage comme un sentiment de désolation. Décidément, le camping ne nous réussit pas trop cette année !
Une jolie cabaña fera l'affaire pour trois nuits, et Maria est contente, elle peut reprendre une vie normale !
Nous pouvons donc attaquer sereinement la montée le long du rio Mendoza vers les grands sommets près de la frontière chilienne : la plupart sont au dessus des 6000 m, nous sommes au coeur des Andes. Pas de mots, des photos !
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| Je parais comme abattu par la beauté qui m'entoure ! |
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| Gaffe aux guanacos ! |
Comme les argentins ne font rien comme les autres, ils ont construit au début du XXème un hôtel directement sous le pont, ou l'art de massacrer une merveille naturelle. Mais bon, je ferme ma gueule, je ne suis pas chez moi !
Bon, nous avons fini par y entrer dans ce fameux parc de l'Aconcagua.
Après un long trekking d'approche d'environ 700 m qui m'a totalement éreinté, j'ai immortalisé le monstre de 6960 m sur cette ultime photo, parfaitement ratée car cet idiot avait noyé son sommet dans les nuages !
Voila enfin un de mes buts dans la vie atteint : j'ai vu de mes propres yeux le point culminant de toutes les Amériques !
Je peux donc clore définitivement ce blog, car je ne vois pas bien ce que je pourrais vous raconter de plus merveilleux ensuite.
Je vous aime.


































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